Après 1h14 de travail de montage vidéo avec mon ami, de 7h à 8h30 ce matin, j'ai repris mon vélo pour rentrer chez moi, à 73km en 2h39 soit environ 7,651991614 m/s, soit à peu près 27,547169811 km/h. J'ai fait une pause de 12', absorbé une banane de 120g soit 90kcal, une pomme de 145g soit environ 59kcal et une tranche de pain de 56g soit 100kcal et 45 cl d'eau, à un village situé à 45,2km de mon lieu de départ, soit environ 7,68707483 m/s, c'est-à-dire 27,673469388 km/h de vitesse moyenne. J'en ai profité pour uriner environ 200 cl avant de repartir pour le reste de mon trajet. La température montait pour atteindre les 29°C. J'estime, mais ce n'est qu'une estimation, avoir perdu environ 1,6kg pendant cette promenade.

     Vous calculerez sans vous plaindre les kilomètres restants pour rejoindre mon domicile et la vitesse moyenne du reste du parcours. Vous calculerez ensuite combien de temps j'ai dû barboter dans la rivière pour récupérer de cet effort démesuré et masochiste et le nombre d'heures qu'il me faudra dormir pour me reconstituer musculairement, physiquement et psychologiquement. Et au passage, parce que c'est bien connu que vous n'avez rien de mieux à faire que ces calculs primordiaux, vous estimerez à 0,1 gramme près combien j'ai perdu de sels minéraux, sachant que je pèse 85kg le matin à 7h15, que la veille j'ai ingurgité 2680 kcal, et le matin 500. De là, combien de jours j'ôte à ma survie si je continue cette débauche énergétique et sportive, sachant que j'exerce un métier de cadre, que j'habite dans une grande ville de plus de 500 000 habitants d'Europe occidentale, que je pratique également la course à pied à raison de 12h/mois et la natation, 4km/semaine, que je suis père de 4 enfants de 18, 12, 8 et 6 ans, que je suis caucasien, que mon coeur bat à 55 puls/min allongé et qu'enfin je mesure 1,83m. Vous avez 20'.

     C'était juste un message court avec des chiffres pour démentir l'idée que je suis un pauvre littéraire et que je vous ennuie avec mes nouvelles et poèmes égocentriques et mes états d'âme post-romantiques, d'une banalité déprimante...