La nuit à la renverse

    Indissolublement, s'unissent la terreur, la nuit et le gouffre. Sur la paroi perpendiculaire, de plus en plus infimes, les aspérités à peine se lisent. Avec une lenteur interminable la fourmi poursuit son ascension ; l'opiniâtreté et le dégoût me font hésiter, sans contrôle, machinal, fourbu, aux aspérités me retenant avec la plus grande difficulté, avec sous moi plusieurs fois aussi immense un abîme, de milliers de mètres de profondeur qui constamment me précipite.

Gouffre profond, ma nuit est sous le bas plafond de ma petite chambre.

Michaux Henri