Quand j'ai cité Lautréamont, étrangement je pensais à Artaud, à un poème que j'ai peut-être déjà, sûrement même, cité ici, tant je le trouve bouleversant (mais que c'est chiant ces adjectifs, pauvres et répétitifs, "bouleversants", que c'est moche !). Les sonorités surtout, elles se cumulent, doucement, comme un trouble du langage et de la perception.

 

VITRES DE SON


Vitres de son où virent les astres,
Verres où cuisent les cerveaux,
Le ciel fourmillant d'impudeurs
Dévore la nudité des astres.

Un lait bizarre et véhément
Fourmille au fond du firmament;
Un escargot monte et dérange
La placidité des nuages.

Délices et rages, le ciel entier
Lance sur nous comme un nuage
Un tourbillon d'ailes sauvages
Torrentielles d'obscénités.