31 Intérieur jour. Hôpital de Purpan, Toulouse. Au passé.

Toujours dans le bureau du médecin échographe, même bureau et décor.

  • Le médecin : Pour le personnel, c'est un peu moins pire. C'est plus difficile après la naissance qu'avant.

  • Gilles : Et il ne pleurera pas, ne bougera pas en arrivant...

  • Le médecin : Oui, c'est un peu moins douloureux pour tout le monde, vous, eux...

  • Sophie, pleurant : Et comment ça se passera ? On... on pourra le voir ?

  • Le médecin : C'est comme vous le souhaitez. Vous n'êtes pas obligés. Une photo sera prise et vous pourrez demander à la voir quand vous voudrez.

 

32 Intérieur jour. Hôpital de Purpan, Toulouse. Au présent.

Le même bureau, au présent.

  • Le médecin : Je suis content, ça va mieux ! Vous avez été raisonnable à ce que j'ai vu mademoiselle, c'est très bien ! Tout devrait bien se passer. Le repos a été très bénéfique.

  • Sophie : Merci docteur !

  • Le médecin : Tenez encore trois jours, ce ne sera plus un problème.

 

33 Extérieur jour. Marché Cristal, boulevards de Toulouse.

Musique. Gilles avec son cageot récupère fruits et légumes laissés là, à même le sol ou dans des cageots, à la fin du marché. Il rentre ensuite en vélo, avec son chargement en équilibre sur le guidon.

 

34 Intérieur jour. Appartement de Sophie et de Gilles.

Il rentre avec ses fruits et légumes, portant son vélo sur l'épaule dans l'escalier tournant de l'immeuble, jusqu'au balcon du deuxième étage.

  • Gilles, entrant : Sophie ! Regarde, bonne récolte ! Le melon est à manger tout de suite, il y a même des fraises correctes...

  • Sophie, du canapé du salon : Merci mon ange, je vois ça et même je le sens bien...

Il pose le cageot sur la table de la cuisine et vient l'embrasser, collant sa main sur son ventre tendu à l'extrême, puis y accolant la tête, la bouche et l'oreille.

  • Gilles, au bébé : Tu m'entends là-dedans ? Alfred, Jacques, Paul, Pierre ? Tu vas bientôt voir le monde. Plein de couleurs ! Et de folie ! Tu vas voir ça, un vrai cirque !

 

35 Intérieur jour. Hôpital Purpan. Dans la salle de travail et les couloirs. Au passé.

  • Un infirmier : Venez monsieur, il faut sortir pour la péridurale.

  • Gilles : D'accord, mais je reviens après. Je veux être là !

  • L'infirmier : Oui, on viendra vous chercher.

Gilles sort de la salle et erre dans les couloirs. Il prend un café et déambule.

 

36 Intérieur jour. Hôpital Purpan. Dans la salle de travail. Au passé.

Gilles est à droite de Sophie qui pousse pour l'expulsion. Un paravent a été placé à la hauteur des hanches de Sophie. Elle pousse toujours, la délivrance est proche.

  • La sage-femme : C'est bien, poussez, c'est bien. Voilà, c'est fait.

On voit sortir la sage-femme avec le bébé dans les bras, dans un linge qui recouvre jusqu'à sa tête. Gilles et Sophie pleurent sans bruit. Il l'embrasse sur le front, les mains, les joues.

  • Sophie : On peut le voir... la voir ?

  • La sage-femme : Oui. C'est bien ce que vous souhaitez ?

  • Gilles : Oui.

  • La sage-femme : Je vais la chercher.

Elle revient avec l'enfant sans vie. Elle a dégagé la tête du drap. Sophie la prend dans ses bras.

  • Sophie : Elle est toute menue... Toute petite.

  • La sage-femme : Elle fait un peu moins de 800 grammes.

Gilles la porte à son tour.

  • La sage-femme : Vous lui avez donné un prénom ?

  • Sophie : Oui, Lisa. La petite Lisa.

Ils pleurent toujours silencieusement, avec un léger sourire aux lèvres, figé.

Gilles tend le corps à la sage-femme qui sort de la pièce.

 

37 Intérieur jour. Appartement de Gilles et Sophie.

Gilles met une symphonie de Mozart à Sophie et à l'enfant dans son ventre.

  • Gilles : Ecoute ça bébé Michel, Jacques, Emilo !

Il danse et marche sur les mains dans le salon. Jusqu'au canapé où Sophie est allongée et roule à ses côtés en fin d'équilibre. Il rient ensemble.

  • Gilles : Ecoute le monde avant de le voir !

 

38 Extérieur jour. Au feu rouge.

Gilles jongle, joue avec son chapeau qui récupère au vol les balles, à chaque feu rouge. A côté de lui, des jeunes gens proposent de nettoyer les pare-brises. La plupart des automobilistes ne leur donne rien. Gilles les regarde pendant une pause où il boit de l'eau. Puis il les rejoint,changeant de feu.

  • Gilles, à eux : Bon, ça marche pas trop votre truc, laissez-moi faire, je vais vous montrer quelque chose !

  • La jeune femme, de seize à dix-sept ns : Vas-y zinda, je te regarde !

Musique tzigane. Gilles se positionne au milieu de la route quand le feu passe au rouge. Il ne jongle plus mais mime à la perfection ceux qui nettoient les pare-brise. Les automobilistes étonnés du spectacle rient de très bon cœur. Il en rajoute dans sa caricature, se moquant même des attitudes des automobilistes. Quasiment chaque personne abandonne des pièces au mime. L'ambiance est aux rires !

  • Gilles : Tenez ! On partage, 30 euros pour vous et autant pour moi, en dix minutes !

  • La jeune femme et son frère : Garde-les mon ami ! C'était beau !

  • Gilles : Non, ça me fait plaisir !

Un portable sonne. C'est celui de Gilles.

  • Gilles : Allo, allo ? Sophie ?

  • Sophie (sa voix) : Gilles ! Vite, ça y est ! La poche ! Elle est rompue !

  • Gilles : Hein ! Quoi ? T'es où là ?!

  • Sophie : Le petit va venir, viens !

  • Gilles : T'es où ?

  • Sophie : Dans la voiture de Marie, elle est venue ! On arrive à Purpan, viens !

  • Gilles : J'arrive j'arrive !

Gilles court vers son vélo.

  • Gilles, rangeant ses affaires : Merde ! Merde !

  • Le frère : Qu'est-ce que tu as ?

  • Gille : C'est mon amie ! Elle accouche ! Elle accouche ! Le temps que j'arrive en vélo, je vais tout louper !

  • Le frère : Attends, mon cousin va t'amener. Il a le camion sur le parking du Leader. Je l'appelle, donne ton téléphone.