Laisser passer la vague du sommeil, musique, Pink Floyd, regarder les surfeurs fous au Portugal, petits hommes en sursis sur une planche, à Thalassa, et revenir au texte, enfiler les mots-perles...

     Accepter ensuite le sommeil, le corps se dénoue, il a donné face au clavier, a vidé les tiroirs des mots à sortir, comme des chiens, à la tombée de la nuit, à la tombée de soi.

     Ce matin encore pourtant, une montée d'angoisse, un truc qui vous déchire, vous n'êtes que proie aux aigles, votre vie ne vaut rien, toutes vos faiblesses face à vous dans le noir, et la nuit qui reste nuit pour que vous ne vous leviez plus jamais, sans pour autant dormir, relâcher la machine, et travailler automate dans ce vide, faire croire à tous que vous êtes debout.

      La vie est courte, comme une blague sans chute, pas la peine de se figer comme je le fais, je vis je meurs, petit Louis(e) Labé du vingtième et vingt et unième, quoique je fasse, je meurs, alors les mots sont là, toujours, pour remplir, pour éteindre les orages, pas grave tout ça, si je ne respire plus, quelle différence ? Les années sont des nuits, de plus ou de moins, pareille poussière, dust de Fante nous sommes, sommes de rien, sommes de poussière...

     Alors, écrire et dormir.