Plus de quatre heures à corriger mon roman que je n'avais pas touché depuis des jours et des jours, une quarantaine, plus même peut-être...

    Eh bien, c'est une forme d'auto-satisfaction, je le reconnais, mais ce roman sort de moi sans que j'en reconnaisse la source, ce n'est pas moi qui l'écris, une voix interne externe se joue de tout ça. Je l'ai vraiment lu comme le texte d'un autre.

Extrait :

     Je pensais juste à l’éclate, à abuser sauvagement une métisse d’ici, une pauvre gosse coincée, prise par le pognon, tremblante, froide, un truc impossible à rallumer, et me voilà pleurant pendant l’amour, l’amour, je pensais tringler, forcer, jouir d’elle et me voilà avec des mots plus gros que moi, comme un rêve qui s’ouvre, me voilà sur le côté, roulant, roulé, vibrant avec elle. Je sanglote doucement. Sa main passe dans la touffe de mes cheveux sales en bataille. Elle se relève et se rhabille. Nice, elle remet ça. Nice. Nothing else ? Quoi ? Elle est comme en entrant chez moi, ouverte. Je viens juste de découvrir la vie avec elle, grâce à elle, et elle me renvoie ces mots creux, nice, nothing… Je lui propose un shoot encore, elle refuse, pas au programme sûrement, elle a bien appris son rôle, relu sa fiche bristol, nice tu dis avant et après le sexe ok poupée ? Tourne-toi, voilà, remonte ta jupe, souris, parfait ! L’illusion est totale ! Tu peux rejoindre le pauvre type dans ce qu’il croit être sa maison ! Du bon boulot ça ! Un grand sourire, d’une sincérité si bien rendue ! Elle est heureuse d’avoir bien rempli sa mission. Elle sort en se retournant une dernière fois, tout sourire et m’envoie un baiser. Ça a marché, je suis heureux moi aussi, cinq minutes hors du temps, cinq minutes qui ont brillé, mes cinq premières minutes après le big-bang. Pourquoi cette sixième a-t-elle ce drôle de goût, cette saveur qui passe pas ? La moiteur revient, tout revient, comme si je tombais enfin du plafond.