20 avril 2015, Hervé à Elsa :

 

Ah Mielsa !

Doux miel, douce Elsa !

Et moi, pendant ce temps-là ? Eh bien, je marche dans les rues par coeur connues, je parle, je rêve de madame Dame, je lis, je dors souvent seul... Toi, tu as des accidents de car, des crabes à la pelle, des danseuses en feu, des musiciens à chapeau à ta fenêtre à l'autre bout de la terre !

Je flashe sur Rilke et Handke depuis deux semaines, c'est étrange...

Devine qui dit quoi (facile ! c'est comme si je te demandais de différencier Rimbaud de Hugo !) :

Extrait 1 :

"J'apprends à voir. Je ne sais pas pourquoi, tout pénètre en moi plus profondément, et ne demeure pas où, jusqu'ici, cela prenait toujours fin. J'ai un intérieur que j'ignorais. Tout y va désormais. Je ne sais pas ce qui s'y passe."


Extrait 2 :

"Enfin au crépuscule

s'est allumé au pignon de la maison d'en face

d'un jaune rassurant l'enseigne EDEKA

et suis allé faire mes achats.

Le magasin était clair et silencieux.

L'épicier comptait déjà sa recette.

Les congélateurs vrombissaient amicalement

et je fus presque touché aux larmes

que la ciboulette fût tenue par un élastique."


Cela me fait rire et cela résonne étrangement !


Si ravi de lire à nouveau ton voyage ma tourterelsa,

ton H.