J'entre dans la salle de cinéma sans savoir comme d'habitude de quoi il en retourne. Je ne savais même pas que c'était plutôt un documentaire ! L'homme parle en voix-off, je pense à Cavalier, à ses petits films bricolés, et aux miens, pareils, où j'interrogeais le monde en filmant les boutons du manteau long de Corto Maltese punaisé au mur avec ma caméra de l'époque, Sony, système D8... Du cousu main, de la réflexion humaine sur le temps, sur les lieux sur les idées, sur les habitants, sur le sens... J'ai pensé un temps au fantastique film de Godard sur Lausanne (Lettre à Freddy Buache), et puis non, c'est différent des Cavalier, Godard, Depardon, Varda, Rouch... C'est beau, intime, intelligent, proche des gens, complexe, simple, riche, pauvre, tout ça dans une ville que j'ai connue un peu, dans la région d'une partie de ma famille, je me revoyais dans ces rues, mélangeant tout, Merlebach, Saint-Avold, Sarrebruck...

     Je veux parler du film : Retour à Forbach de Régis Sauder, allez-y en ses temps d'élections ! Combien fera-t-il d'entrées ? C'est comme les candidats à la marge... Cela m'est égal, le film pénètre profondément l'âme, au-dessus de la mêlée, je dirais dedans et au-dessus de la mêlée, c'est ça qui fait sa force ! Merci d'être si proche et de questionner encore et encore la société, tout a un sens si l'on se donne la peine de chercher, d'ouvrir les yeux...

 

Jean-Luc Godard - Lettre à Freddy Buache (1982) from gazelluloid on Vimeo.