Rodin de Jacques Doillon, me voilà perplexe. Des scènes m'ont pris, sensuelles, humaines, mais pas le film sur la durée. Lu quelques articles, j'en partage quelques avis. Cela m'ennuie, j'aime Vincent Lindon dans : La Crise, Fred, Le Septième ciel, Selon Charlie, Welcome, Quelques heures de printemps. Dans Journal d'une femme de chambre de Benoît Jacquot, il était inégal. C'est à partir de ce film que j'avais repéré que sa diction manquait de clarté. Je l'avais attribué à un mauvais son, mais chez Jacquot, non, ce n'était pas un mauvais son. J'avais pensé aussi à une interprétation volontairement particulière de cet homme particulier, mais après Rodin, je pense simplement qu'il n'articule pas assez. Cela m'ennuie vraiment de remarquer cette faiblesse, cet acteur étant si plein, humain, entier ! Dans la salle, la gêne s'installait. Chez Doillon le son est souvent limite, direct, mais je n'ai pas trouvé sur ce film, quoiqu'avec la diction elle aussi limite par moments d'Izïa Higelin, je me suis quand même questionné. La critiquer m'ennuie également, je l'ai trouvée touchante, vivante, contrairement à Rodin... Je pense que le film repartira de Cannes sans rien et cela me conviendrait même si j'ai déjà exprimé ici à plusieurs reprises la stupidité des prix. Je ne reviendrais pas sur Doillon, que j'ai du mal à cerner et à apprécier, malgré des fulgurances dans certaines scènes (Le petit Criminel)...

     Bref, je me questionnais pendant le film, mauvais signe, pourquoi revenir sur cette histoire tarte à la crème, pourquoi ces scènes longues et répétitives... Je pensais au très bon film Mr. Turner de Mike Leigh, au très bon Timothy Spall qui jouait le peintre, à ses excès dans le jeu, son ton bourru, sa langue incompréhensible, mais tout passe avec force !