Lu en deux jours, pour me distraire de l'adaptation, la nuit, à la piscine, Les jours de mon abandon d'Elena Ferrante, celle dont j'attends de lire le tome 3 de L'amie prodigieuse depuis quelques mois...

    Un peu déçu, la langue était peu fluide, correspondant certes à l'état dérangé du personnage narrateur, mais je pense que la traduction doit y être pour un peu (Italo Passamonti en est le traducteur) (Elsa Damien traduit elle L'amica geniale)... En italien, peut-être peut-on dire "il bambino" mais en français, "l'enfant" n'est jamais employé comme cela de la part de ses géniteurs... 

     Des réussites quand même, le crescendo dramatique de la journée où tout déraille par exemple, le centre du livre.

     Mais enfin, la délivrance des pensées répétitives du personnage use, on veut que ça avance, rester à l'intérieur de cette tête fatigue un peu. C'est étrange, la compassion s'en va au fur et à mesure qu'elle s'enferre à vouloir tout décrire de l'intérieur.

     C'est étrange aussi, cet été où le grand Mishima m'attendait, j'ai lu autre chose... des petites choses, dont Un soir au club de Christian Gailly. A l'inverse de Ferrante (qui est peut-être un homme lis-je... et non une femme ? quelle importance finalement...), Gailly cultive la distance entre la narration et le narrateur, l'ironie, les fausses pistes, l'art de ne pas raconter en quelque sorte ; il en reste un filet, presque anecdotique, du coup, là non plus, peu d'empathie déclenchée, on suit un jeu sans règles, peu clair, et on y prend plaisir parfois (parfois, non, on s'agace de ce manque de tenue).

     Je reste ébloui encore par Annie Ernaux, son rythme, son embrassade du temps, c'est elle la femme de mon été...