comme toujours

l'air girondin réactive tout

je quitte la ville aux briques en scénariste

j'arrive en poète

 

ici je peux délivrer les djinns

 

les revues les mains les arabesques

tout me parle en secret

les nuages s'écartent

la boue forme les premiers sons

 

ici je peux délivrer les djinns

 

les embruns comme les vases communiquent

de l'enfance de Larmor

aux brumes maritimes de la Joliette

à celles-ci océanes  la même eau

 

ici je peux délivrer les djinns

 

les mots me cognent d'abord

tout agrégés les misérables

ici ils savent se disperser

le poème est dilution à nouveau

 

ici je peux délivrer les djinns

 

je ferme les yeux

les grains chantent encore

les mousses fluorescent et remontent

la pente de dune nocturne

 

ici je peux délivrer les djinns

 

la grève me troue au ventre

me voici ouvert et sanglant

sur l'étal du morutier

au coeur de mes échoueries

 

ici je peux délivrer les djinns

 

 

 

llança(photo d'E. Gelly, Llançá)