3 fruits

 

je t’imaginais d’Akkad

me berçant de ton araméen retrouvé

et je te vois Elie au loin

sans un cri

 

la deuxième nuit

je n’ai mangé du regard que tes mains

tes yeux brûlant tout

disant tout ce qui nous séparerait avec le jour

 

les chars les nuages

ta peau en partance

me saluaient au réveil

de nos nuits indormies

 

nous avons joué aux frère et sœur

je ne sais plus pour qui ni pour quoi

ma main sur ton épaule alors

une seconde l’amour fraternel feint

 

la première tu m’as parlé d’inceste

quand je me jurais de n’en plus pleurer

quand je rêvais d’un seul corps sans taches

uni dans nos nuits inaugurales

 

j’ai su là les failles

le lien toujours souterrain

qui nous aurait lié

si nos mains s’étaient prises alors