Rêvant

 

La profondeur du site m’incite à plonger

Et je plonge.

Dans une chute infinie je me balance

Tel l’aigle qui dans des airs tourmentés

Sans effort remonte, plane et descend.

Des couleurs imprégnées de corps flottant

Dans l’air clair et vivace rayonnent

Et, sans chocs violents de paroi en paroi

J’aspire à vivre ce moment insolite

Où étrangement je suis invité.

Parfois je crois que mon corps remonte

Dans des courants chauds et charmants

Qui bercent intimes mon être.

Fermant les yeux je vois encore

Ces mille lumières merveilleuses.

Je suis baigné par la chute et je me confonds

A ce décor cosmique où je ressens

A présent la respiration calme et rapide

De ses parois qui sont désormais

Mes poumons.

Chaque couleur n’est plus que la teinte

Que je donne à mes pensées ;

La chute n’est que le rythme

Rapide et calme de mon cœur

Qui comme l’onde marine lèche ses plages.

Je suis l’aigle qui jadis glissait dans l’air

Pur de mes rêves infinis

Où riaient mes douces nuits ;

Je suis l’air où perce le cri charmeur

De mon aigle aux ailes déployées comme les bras d’une femme.