Automne. Rêve familier

 

Des arbres se tordent à ma vue, des feuilles tombent et je passe, souriant, vainqueur, dans ces allées allégées. Les couleurs que je piétine

jaillissent encore jusqu’à ma cheville et je perce leur parfum. Les femmes s’habillent plus chaudement mais leur costume saisonnier s’ôte à

mon regard et je vis dans un monde fantasmagorique. Je marche parmi les arbres et les femmes dénudés.

 

Chaque bouffée d’air me rend pratiquement fou. Je m’enivre. Tout me grise. Je m’enferme dans ma veste, les yeux clos et j’attends que

vienne le vent pour balayer ce rose, ce rose ! J’ouvre et là, là, partout, mille femmes, mille feuilles ! Je souris, j’accepte tous ces dons,

j’écarquille mes deux yeux qui s’empressent de dévêtir toutes ces branches, tous ces bras. J’enlace les troncs et tourne en rond, j’embrasse le

front de ces demoiselles désabusées. Tourbillonnant, je sens des seins, des sarments se blottir contre ma poitrine. Des bras, des branches, des

bûches, des jambes !

 

Et l’automne cocasse m’abandonne à vous…