Le réveil assassin

 

Le soleil accourt

Et les nuages fuient,

Le soleil est chaud et sourd,

S’il pouvait, chasserait la nuit.

 

Il régnerait ainsi sur tout

Il accorderait des temps à la lune,

Perdue, sous cette lumière éternelle, roux,

Perçant, il vaincrait la nuit brune.

 

Ses rayons transcendants créeraient

De nouvelles vies, de nouvelles morts.

Son seul plaisir compterait et les vieux marais

En s’asséchant brilleraient d’or.

 

Il boirait ainsi sa victoire

Dans cette coupe où lézards et serpents

Règnent sans pitié, dans cette journée sans soir

Où sur l’échafaud le noir pend.

 

Songe d’une nuit

Où l’horreur seule accourt

Mon réveil que l’astre suit

Me replonge dans ce grand four.