Je rends grâce à Michel Baglin pour ses poèmes, pour son titre L'Alcool des vents, pour ses phrases à rebonds, à rallonges, heurtées, précipitées de ralentir.

 

"Tu rendras grâce à nos fidélités, bien sûr, mais plus encore

à notre fidélité au vent

     qui tourne, retourne, détourne, contourne et jette à l'ortie

le chapeau

     et flambe dans la paille des convictions et dépouille

l'épouvantail de ses hardes,

     apportant parfois avec le sable rouge du désert ou le coup

de tabac des nostalgies océanes

     la terrible envie d'expatrier son ombre."

 

     Ou encore, celui-ci, qui finit par pencher, comme Thierry Metz...

 

"Je rends grâce aux nuits qui n'ont plus d'heures,

aux nuits que l'on pousse à force de cigarettes et d'alcools

jusqu'au coeur chaviré, aux confessions bêtes, aux bégaiements

de l'innocence retrouvée,

quand le monde comme il va ne saurait plus nous aller,

quand la langue chargée de régler les additions

bafouille l'humanité avec des mots qui penchent."