13 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (10 : Jan Skácel)

Le pont   Le fleuve est tout près viens voir L'eau passer entre les pylônes Le fil à plomb descendu droit vers la surface Nous nous souviendrons des morts   Sans crainte plus patients que les pêcheurs Des coudes nous prendrons appui Sur le granit du parapet J'ignore tes morts et tu ignores les miens   S'arrêter sur le pont est comme un bienfait Une douleur aiguë ainsi qu'un trait noir Fend la poitrine D'en haut soudain nous regardons les nuages   Jan Skácel, Le Millet ancien, 1981
Posté par herve le derve à 20:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]