10 juin 2018

Le Mal de terre, André de Richaud (1947) (20)

     Ulysse, roulé dans la paille, n'arrivait pas à s'endormir pour la sieste. Il entendait, dans la cuisine, le pas de la Rondasse alourdi par la chaleur. Le soleil de trois heures cuisait le mur de la maison, et dans l'ombre du grenier à foin, les mouches bourdonnaient. L'homme avait les yeux grands ouverts dans l'ombre. Des brins de paille lui piquaient la poitrine et une pensée lui piquait l'esprit. C'était toujours quand il s'éveillait, ainsi, que la malheureuse idée lui venait et qu'il pensait à ce voyou de... [Lire la suite]
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09 juin 2018

Le Mal de terre, André de Richaud (1947) (19)

     L'été revint avec ses pierres brûlantes sur le seuil des portes, ses lézards sur les tuiles et le suc épais coulant des fleurs mortes de chaud. Aux Lointes-Bastides, le travail des champs continuait. Les moissons étaient maigres, car la terre n'était pas riche, mais ces gens étaient habitués à se contenter de peu. Les chèvres, au bord des chemins, broutaient une herbe brûlée. Toute la journée, un soleil de plomb emplissait la combe jusqu'au bord.
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08 juin 2018

Le Mal de terre, André de Richaud (1947) (18)

     Dans ce pays, on ne songe pas à aller informer les gendarmes de ses mésaventures. Ils continuèrent à vivre avec les cinq billets en moins. Que serait allé dire aux gendarmes Ulysse ? N'était-il pas le premier coupable ? Et puis, ces caraques, on ne les retrouve jamais ! La loi en a peur...
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07 juin 2018

Le Mal de terre, André de Richaud (1947) (17)

     Elle porta la main à ses oreilles et n'avait plus ses pendants. Elle se mit à hurler et descendit dans la cuisine. Tout y était démoli et sous la table gisait Ulysse, qui la regarda un instant avec les yeux de quand il avait bu. Elle lui expliqua tout pendant qu'il se relevait péniblement et, comme elle entrait dans la colère, il lui donna une formidable gifle en lui disant d'un air abruti :     - Que vos qu'i faque ? (Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ?)      La femme... [Lire la suite]
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04 juin 2018

mots réflexe

Si le mot n'est pas    écriture il n'est pas parlant   mais réflexe.   Dans cette mâchoire le mot ne doit pas tomber   sinon, se réincarner.   Thierry Metz, Entre l'eau et la feuille.
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04 juin 2018

Le Mal de terre, André de Richaud (1947) (16)

     Le lendemain matin, lorsque la Rondasse s'éveilla, il faisait à peine jour. Une lumière grise entrait par les fentes des volets, pas encore assez forte pour mettre un reflet sur le globe de verre qui protégeait la couronne de fleurs d'oranger. Elle fut surprise de ne pas trouver Ulysse près d'elle. Il ne pouvait pas être allé donner au cheval : on l'avait prêté. Elle se mit à la fenêtre pour voir s'il ne bricolait pas dans le jardin. Elle ne savait pas exactement ce qui s'était passé dans cette nuit ; mais... [Lire la suite]
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03 juin 2018

que vent

     Quelqu'un n'est plus à sa façon dans le lieu    étranger à l'enclos. Non pas qu'il soit mort mais sa parole face au vent n'est que vent. Thierry Metz, Entre l'eau et la feuille.
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01 juin 2018

Le Mal de terre, André de Richaud (1947) (15)

Ulysse en a assez de cette existence. Il donnerait dix ans de sa vie pour la voir cesser ; mais qu'on ne lui parle pas de lui prendre sa femme ! Ça, c'est sacré ! Sur ce point, il n'y a rien à faire. Surtout maintenant qu'il a bu. La Rondasse, c'est sa femme et pas celle d'un autre. Ah ! mais !... Elle crèvera de son mal, si elle veut, mais personne ne la touchera. - Alors ! comme ça, tu crois qu'il n'y a que toi ? Pauvre boufigue, va ! Elle serait peut-être pas comme les autres, la Rondasse !... - Fous-moi la paix ! Je vais... [Lire la suite]
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30 mai 2018

Le Mal de terre, André de Richaud (1947) (14)

     Les choses, à leurs yeux, changeaient de couleur. Les meubles étaient transparents et dégageaient une lueur très douce qui reposait les yeux. Leurs chaises flottaient au gré de l'ombre, et quand la bouteille fut vide, un tintamarre effroyable se faisait entendre dans leurs oreilles. La maison montait en tourbillonnant jusqu'au ciel - on sentait l'air de la vitesse sur son nez - puis retombait brusquement sur la terre et l'on était bousculé comme dans un bateau dans la tempête. Ils parlaient très fort pour... [Lire la suite]
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28 mai 2018

dialogues d'oiseaux

     Voilà, pertinent, beau, décalé, malin, coloré, un blog d'Alessandro Pignocchi, nommé Puntish. A découvrir...
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