23 novembre 2018

Fragments du discours amoureux

« Suis-je amoureux ? – Oui, puisque j’attends. » L’autre, lui, n’attend jamais. Parfois, je veux jouer à celui qui n’attend pas ; j’essaie de m’occuper ailleurs, d’arriver en retard ; mais à ce jeu, je perds toujours : quoi que je fasse, je me retrouve désœuvré, exact, voire en avance. L’identité fatale de l’amoureux n’est rien d’autre que : je suis celui qui attend. Roland Barthes
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23 novembre 2018

Tel Quel (1941)

     Il n'existe pas d'être capable d'aimer un autre être tel qu'il est. On demande des modifications, car on n'aime jamais qu'un fantôme. Ce qui est réel ne peut être désiré, car il est réel. Je t'adore... mais ce nez, mais cet habit que vous avez...        Peut-être le comble de l'amour partagé consiste dans la fureur de se transformer l'un l'autre, de s'embellir l'un l'autre dans un acte qui devient comparable à un acte artiste, - et comme celui-ci, qui excite je ne sais quelle... [Lire la suite]
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23 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (19 : Miroslav Florian)

Le transport du piano   Nous montons un piano au dernier étage, un piano à queue sur lequel improvisaient Tchaïkovski et les ondées d'avril, mon dieu, combien de marches encore, combien de tournants où glissent nos semelles pleines de boue, combien... L'escalier est étroit, où seulement poser cette chose une seconde, le temps de souffler - liés par l'énorme poids, nous ne pouvons voir nos visages, le dos est toutefois plus éloquent que les regards, toujours nous regardons le dos de quelqu'un. La musique, nous ne nous y... [Lire la suite]
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22 novembre 2018

une vague idée

     La plupart des hommes ont de la poésie une idée si vague que ce vague même de leur idée est pour eux la définition de la poésie.   Paul Valéry
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22 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (18 : Zbyněk Hejda)

La nuit   La nuit? Le désespéré s'agite dans la chair rose du ventre. Sous les doigts durcissent les roses mamelons. Et tes doigts qui, chérie, avec douceur dévêtent ma verge.   Des joncs de jouissance poussent à travers le corps, même les os jouissent, chantant.   Fleurs de langues dans des caves humides.   Aveugles, nous gravons notre image l'un dans l'autre, ensemble : toi l'abîme et moi qui m'appuie dessus, avec mon membre.   Zbyněk Hejda, Lady Feltham, 1973
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20 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (17 : Karel Šiktanc)

Pantomime   Où que j'aille ton corps pèse sur le mien, comme si sur moi il était mort.   Je vis toujours.                       Tel Donatello,   je te traîne d'un mensonge à l'autre, cherchant l'âme séparée du corps.   Je veux dormir. Mais les acteurs de la ville passent... et, alors que Marguerite l'étrangle,   Faust, de sa fenêtre me salue. ... [Lire la suite]
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19 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (16 : Karel Hynek)

Lequel de vos désirs est de marbre   lequel de vos désirs est de marbre j'entendais les étranges sermons de jeunes hommes imberbes vous avez assez attendu devant le ventre de vos mères tel était le plus souvent le début de leur discours est-ce bien mon père que ma fille aime les anges ? il n'y a pas d'anges il n'y a que des pilotes répondaient-ils aux mère soucieuses   la grotte à stalactites répétait à l'infini mes prières au fond des parfums s'élève une ville de poissons ah mon château au toit couvert de carpes ... [Lire la suite]
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18 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (15 : Ivan Diviš)

Psaume 62   Une cour balayée couverte d'un sable coloré comme la langue de saint Jean Népomucène comme le foie de Cagliostro   Une chatte folle se frotte contre une arête des chiens avec d'autres chiens dansent le krakowiak   Des lettres d'une paranoïaque destinées à son médecin volent dans la cour je les ramasse je les rassemble pierres angulaires de mes nouveaux départs   Quand je grimpe au sommet d'un cerisier Quand je mets sur mes yeux du celluloïd enfumé je vois au loin cette cochonnerie de... [Lire la suite]
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18 novembre 2018

et vu et lu... novembre (1)

Lu, vu depuis début novembre... plus de H, plus j'aime !   Comment naissent les araignées, bande dessinée de Marion Laurent : HH Shining, film de Kubrick : HHH Les Portes de la nuit, film de Carné : HH 100 000 dollars au soleil, film de Verneuil : HH Un certain Cervantès, bande dessinée de Lax : HHH Symphonie pour un massacre, film de Deray : H Les solitaires, bande dessinée de Tim Lane : HH Martha et Allan, bande dessinée d'Emmanuel Guibert : HHH Rouge comme la neige, bande dessinée de Christian De Metter : HHH Le... [Lire la suite]
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17 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (14 : Jiří Šotola)

Trois poèmes sur papier à lettres (extrait)   Viens, nous allons parier sur l'impossible. Ouvre le robinet, nous attendrons : de voir émerger un petit poisson orange. Et il va émerger. Après de longues nuits, si tu sais fixer attentivement le ciel de sombre bois verni, tout à coup, regarde, au-dessus d'un toit là-bas, une lampe à huile monte, blanche (les dessins fondent sur le verre laiteux, profils de femmes, ailes) et disparaît.   Jiří Šotola, L'étoile Ygrec, 1962
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