28 novembre 2012

Bureau de Tabac (9) (Pessoa)

(Mange des chocolats, fillette ; mange des chocolats ! Dis-toi bien qu'il n'est d'autre métaphysique que les chocolats, dis-toi bien que les religions toutes ensembles n'en apprennent pas plus que la confiserie. Mange, petite malpropre, mange ! Puissé-je manger des chocolats avec une égale authenticité ! Mais je pense, moi, et quand je retire le papier d'argent, qui d'ailleurs est d'étain, je flanque tout par terre, comme j'y ai flanqué la vie.) Du moins subsiste-t-il de l'amertume d'un destin irréalisé la calligraphie... [Lire la suite]
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27 novembre 2012

Bureau de Tabac (8) (Pessoa)

Esclaves cardiaques des étoiles, nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps, mais nous nous éveillons et voilà qu'il est opaque, nous nous éveillons et voici qu'il est étranger, nous franchissons notre seuil et voici qu'il est la terre entière, plus le système solaire et la Voie lactée et le Vague Illimité.
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26 novembre 2012

mur sans porte

je serai toujours celui qui attendait qu'on lui ouvrît la porte auprès d'un mur sans porte
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26 novembre 2012

Bureau de Tabac (7) (Pessoa)

Le monde est à qui naît pour le conquérir, et non pour qui rêve, fût-ce à bon droit, qu'il peut le conquérir. J'ai rêvé plus que jamais Napoléon ne rêva. Sur mon sein hypothétique j'ai pressé plus d'humanité que le Christ, j'ai fait en secret des philosophies que nul Kant n'a rédigées, mais je suis, peut-être à perpétuité, l'individu de la mansarde, sans pour autant y avoir mon domicile : je serai toujours celui qui n'était pas né pour ça ; je serai toujours, sans plus, celui qui avait des dons ; je serai toujours celui qui... [Lire la suite]
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25 novembre 2012

Bureau de Tabac (6) (Pessoa)

Que sais-je de ce que je serai, moi qui ne sais pas ce que je suis ? Etre ce que je pense ? Mais je crois être tant et tant ! Et il y en a tant qui se croient la même chose qu'il ne saurait y en avoir tant ! Un génie ? En ce moment cent mille cerveaux se voient en songe génies comme moi-même et l'histoire n'en retiendra, qui sait ? même pas un ; du fumier, voilà tout ce qui restera de tant de conquêtes futures. Non, je ne crois pas en moi. Dans tous les asiles il est tant de fous possédés par tant de certitudes ! Moi, qui de... [Lire la suite]
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25 novembre 2012

quoi penser ?

     Je sors du théâtre, La Barque le soir, de Tarjei Vesaas, mise en scène de Claude Régy. Quoi penser ? Je l'ignore, réellement!      Beaucoup moins d'émotion que pendant Ode maritime il y a deux ans, mais des trouvailles comme toujours de mise en scène, éclairage, rythme, rideau, acteur...      Toutes les mises en scène que j'ai loupées ! J'en suis curieux maintenant...      Quoi penser ? Citons les autres, pour une fois, dans Télérama : Ce... [Lire la suite]
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24 novembre 2012

Bureau de Tabac (5) (Pessoa)

J'ai tout raté. Comme j'étais sans ambition, peut-être ce tout n'était-il rien. Les bons principes qu'on m'a inculqués, je les ai fuis par la fenêtre de la cour. Je m'en fus aux champs avec de grands desseins, mais là je n'ai trouvé qu'herbes et arbres, et les gens, s'il y en avait, étaient pareils à tout le monde. Je quitte la fenêtre, je m'assieds sur une chaise. A quoi penser ?
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23 novembre 2012

Bureau de Tabac (4) (Pessoa)

Je suis aujourd'hui perplexe. comme qui a réfléchi, trouvé, puis oublié. Je suis aujourd'hui partagé entre la loyauté que je dois au Bureau de Tabac d'en face, en tant que chose extérieurement réelle et la sensation que tout est songe, en tant que chose réelle vue du dedans.s.
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22 novembre 2012

extrait de Novgorode

"Et moi, comme un somnambule, je descendais du cinquième étagele long de la gouttière ;moi, ce jour-là, je m'enfuyais de la maison de mon père."
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22 novembre 2012

version originale strophe 3

Estou hoje vencido, como se soubesse a verdade.Estou hoje lúcido, como se estivesse para morrer,E não tivesse mais irmandade com as coisasSenão uma despedida, tornando-se esta casa e este lado da ruaA fileira de carruagens de um comboio, e uma partida apitadaDe dentro da minha cabeça,E uma sacudidela dos meus nervos e um ranger de ossos na ida.
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