29 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (25 : Ivan Schneedorfer)

L'étoile (Liv Ullman)   Elle me dit Good morning d'une voix rouillée comme des tessons d'eau dans le sable Je marche une minute me retourne elle ramasse toujours les coquillages Rentrant en fin de journée je vois une lumière rare Une lampe sur les quais se balance en l'air La lumière en gicle à gauche et à droite Le lendemain matin mettant le manteau je tâte dans la poche un carnet un crayon quelques pièces et des clés Celles, peut-être, de la maison de cette femme pâle ?   Ivan Schneedorfer, Histoires... [Lire la suite]
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28 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (24 : jiří gold)

tu ouvres la fenêtre sur le jardin en appelant d'une voix opaque : les yeux remplis d'arbres cassés de traces dans la boue de parterres piétinés et d'une pluie incessante   tu ouvres la fenêtre sur le jardin ridé au soleil par le vent : le reste est avant ta voix opaque le reste est en toi   25/9/1991   Jiří Gold, Nuits des jours, 1994
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27 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (23 : Viola Fischerová)

Et ses chemins ne mènent plus mais les jours tombent si brutalement à genoux devant le mur au bout du jardin où la pierre figée restitue chaque soir la clarté chaleureuse sèche de l'enfance qu'elle a maudite et de la maturité qu'elle ne soupçonnait guère   Viola Fischerová, L'heure des vieilles, 1995
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26 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (22 : Jiří Pištora)

Gaieté   Bon, comme vous voulez, il n'y a pas de destin, d'accord. Comme il n'y a pas de signes au ciel, pas de paix dans le chenil.   Heureux et digestibles, de la panse au bonnet et du bonnet au feuillet.   Quelle chaleur.   Et qui ose demander pour combien de temps nous mourrons on lui coupera le gage.   Jiří Pištora, Lacunes de la mémoire, 1984
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25 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (21 : Ivo Vodseďálek)

Vous ne vous attendiez pas à ce que j'arrive si tôt Votre petite ville de province m'accueillait par ses ruelles abruptes par où de la gare je me précipitais chez vous Vous étiez au jardin lisant dans une chaise pliante votre père se tenait à la fenêtre au premier étage je me suis arrêté en silence près de la clôture caché par un lilas défleuri L'horloge de la tour a sonné onze et demie Ça ne mène à rien Ne mène à rien   L'après-midi nous étions debout près d'une écluse grondante en bas un troupeau d'oies campait... [Lire la suite]
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24 novembre 2018

croisé Arthur

     Mardi soir, je sors de formation, je marche sous la pluie, j'ai les pieds gelés, j'arrive à la librairie Floury, trop de monde dans la petite salle au fond de la cour. Arthur H. a loupé son train, il en a pris un autre, il n'aura pas le temps de dédicacer son recueil de chansons, nous sommes ravis qu'il les lise et les chantonne. Nous proposons des titres, il s'exécute. Je n'ose pas demander Assassine de la nuit, l'amie d'une amie l'a fait. Beaux moments !   Tu me déchires, tu me répares Tu m'opères à... [Lire la suite]
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24 novembre 2018

expression écrite de ma fille (aidée par moi...)

L’écho du vide   Au coeur de la montagne, dans la mer de nuages, J’écoute l’écho du vide qui m’apaise. Aussi loin que je peux, je contemple l’immense âme de la Nature. Elle m’emporte jusqu’à la paix profonde de mon esprit. Les vents me propulsent au sommet de la Mélancolie Et me noient dans leurs vagues infinies. Je ne descendrai plus de ce promontoire, Ici, le goût amer qui me maltraitait a disparu. Je me repose dans la douce brume qui sera à jamais mon linceul.  
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24 novembre 2018

sur le chemin de la piscine

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23 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (20 : Heřman Dvořák)

Faussaire   la nuit comme ta main qui glisse sans bruit le tableau prend forme face au tableau mes yeux se ferment et toujours à la bougie tu lances les lumières au grain   dans mes songes le fleuve dessine ton dos dans l'herbe je te cache le soleil avec mes cheveux sous mon dos maintenant les fleurs qu'on écrase livrent la dernière explosion au rêve   je crie entre peine et jouissance tu quittes le chevalet et essuies mes eaux   le chat rentre de sa chasse et frotte à son tour mon épaule je... [Lire la suite]
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23 novembre 2018

Fragments du discours amoureux

« Suis-je amoureux ? – Oui, puisque j’attends. » L’autre, lui, n’attend jamais. Parfois, je veux jouer à celui qui n’attend pas ; j’essaie de m’occuper ailleurs, d’arriver en retard ; mais à ce jeu, je perds toujours : quoi que je fasse, je me retrouve désœuvré, exact, voire en avance. L’identité fatale de l’amoureux n’est rien d’autre que : je suis celui qui attend. Roland Barthes
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