10 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (6 : František Hrubín)

La seconde sans mesure   Le jour d'hiver n'est point un jour, c'est la nuit qui s'est mal refermée - et la langue des rues est passée au blanc. Des voitures enrhumées, là-bas, font entendre leur voix rauque.   Pour la première fois la neige en moi tombe.   Pour la première fois en moi la glace est suspendue. Du ventre à la gorge je gèle - et je sens, le sens maintenant :   quand je serai glacé jusqu'au ciel les étoiles gèleront en moi comme des poissons, dans la glace transparente se figera le... [Lire la suite]
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09 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (5 : Vladimír Holan)

Le mur   Tout tendait à prouver, comme nous étions en retard et rien d'autre ne s'offrait au dire, qu'il fallait passer la nuit dans cette grange, sans droit d'entrée à payer pour son vide et semblant attendre ce qui n'était pas encore là. Mais nous nous sommes endormis sans tarder. Et c'est elle, la belle grange millénaire, qui voulait nous susurrer quelque chose et même le taire, pour le rendre plus compréhensible, seulement... Seulement, à cet instant même la chauve-souris tenta de s'envoler, cherchant la... [Lire la suite]
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08 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (4 : Jan Zahradníček)

Autrefois   Autrefois où si passionnément nous jetions les mots ces dés excités impatients de savoir comment le poème allait finir chaque fois avec on ne sait quelle gloire se dévoila pour nous un pan du réel et nous entrevîmes le futur guerroyant   Mais en somme personne n'en tenait pas plus compte que d'un rêve confus vers l'aube ou d'un tonnerre lointain Les maisons demeuraient debout et le gens se promenaient Du lundi au samedi le temps tant bien que mal passait toujours Il y avait toujours des avances où... [Lire la suite]
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07 novembre 2018

ribambelle de douceurs

toujours ce nuits indormies je lis les nouvelles de Brautigan dans mon lit vraiment fou ce mec   je sens en moi une idée de l'amour une fabrication d'une idée de l'amour d'une femme après la création de curiosité d'envies de désirs c'est comme une histoire de possession de l'autre et de soi   tout est factice un temps avant de devenir aussi impérieux qu'une frustration enfantine   il suffira d'un mot d'amour lâché comme un chien fou pour que toute la ribambelle de douceurs nous achève   oui ça... [Lire la suite]
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07 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (3 : František Halas)

Quand la bombe éclatera   Elle rampera toujours traçant des rides dans la boue Elle s'ouvrira   La moule   Pâle sexe des eaux   Tout recommencera dans l'indifférence des premiers poissons les étoiles plancton des poètes d'autrefois frissonneront d'ennui dans le sperme des nébuleuses   František Halas, Et alors, 1957
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06 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (2 : Jaroslav Seifert)

Concerto de Bach   Le matin, je n'ai jamais dormi longtemps ; les tramways me réveillaient et aussi mes propres vers. Me tirant du lit par les cheveux, ils me traînaient jusqu'à la chaise et m'obligeaient à écrire dès que j'avais fini de me frotter les yeux.   Relié par une douce salive aux lèvres du singulier instant, je ne pensais point au salut de mon âme misérable ; plutôt qu'un bien-être éternel, je désirais un bref moment d'éphémère plaisir.   En vain les cloches me soulevaient du sol ; j'y... [Lire la suite]
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05 novembre 2018

pioche en poésie tchèque (1 : Bohuslav Reynek)

     Un peu de poésie tchèque, étonnante, riche, choisie, présentée et traduite par Petr Král, en 2002 chez Poésie Gallimard...   Feuilleter   Il est doux de feuilleter le psautier des nuits sans sommeil, de chercher à découvrir, dans l'ombre, une lumineuse lettrine de paix.   Est-ce la lune avec les étoiles, un oméga, le liseré brûlant d'un nuage, au-dessus de nous une branche enneigée, le brouillard au-dessus d'un champ   où s'éveille par vagues sans bruit l'alpha des sentiers, ... [Lire la suite]
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04 novembre 2018

poèmes courts à deux (18)

18 mot 18 : récit   du siècle passé la piste fait le récit béton allemand   dans cinquante ans qui saura encore déchiffrer le chemin     *   les ombres perdues dont je ferai le récit se perdront vite    
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04 novembre 2018

poèmes courts à deux (17)

17 mot 17 : siècle (et récit pour Christine)   du siècle passé la piste fait le récit béton allemand   dans cinquante ans qui saura encore déchiffrer le chemin   *   hagards mes yeux s'ouvrent sur ce chêne de trois siècles au-dessus des rêves  
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04 novembre 2018

encore des seins...

     Après le restaurant d'hier soir, lecture de bandes dessinées, dont Le Chemisier de Bastien Vivès, belle, délicatesse, récit par petites touches, il m'a fait penser au roman d'Antoine Laurain, Le Chapeau de Mitterrand, mais plus sensuel, érotique...    
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