29 septembre 2014

attente

     Depuis petit je m'exerce à la perte, une profession de foi chez moi. Rien ne me surprend, ne me soulève, ne me retourne plus. J'ai grandi avec elles, la peur et la perte, alors rien ne m'arrive, rien ne le peut plus. Le voile épais et vertical a doublé mes paupières d'yeux et de coeur. J'attends. Je l'attends.
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28 septembre 2014

Ali dit Arnaud

     Arnaud Bernard, quand les poètes hier à 16h étaient en retard, quand ils n'ont pas fait d'effort, justifiant à eux seuls la perte de la poésie depuis cent ans, quand en terrasse de bar, j'étais au spectacle des clopes vendues sous le manteau, d'Algérie, moi qui étais resté à celles d'Andorre, quand le type avec une discrétion d'éléphant a soulevé la plaque du sol pour en tirer une nouvelle cartouche qu'il a mise dans sa veste d'éléphant en cuir, quand seuls les poètes passés ou à venir applaudissaient les... [Lire la suite]
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27 septembre 2014

Arnaud dit Ali

     A Arnaud Bernard il y aurait des poètes, des slammeurs aujourd'hui à 16h me dit l'amie peintre ok j'y traînerai, au soleil, à écouter les bouts rimés des rimailleurs du coin, là où je n'ai pas emporté de prix littéraire à un vieux concours, là où je croisais les fabulous, le footballeur mangeur de pizzas, les taggeurs fous, les dealers de merde, les vendeurs de clopes d'Andorre, là où j'ai emprunté le nom d'une rue pour une nouvelle dans laquelle je lévitais, là où tout le monde s'est plaint de la disparition... [Lire la suite]
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27 septembre 2014

là plutôt ailleurs

et toujours je lis les autres au lieu d'écrire chercher la force là où elle ne peut être
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27 septembre 2014

juste dormir

ce soir je ne t'ai pas dit je voulais dormir dans tes bras juste dormir là au creux dormir  
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27 septembre 2014

foin d'écrire

les brumes le vide la rive les os les mains tendues foin de la littérature du manque je rêve de vivre ne plus écrire vivre le corps sous le tien retrouvé la main à chacun de tes virages vivre chaque nouveau soleil dernier des astres à vivre encore toi et moi dans la terre enfouis
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24 septembre 2014

petites morts

     On n'avait pas le temps de s'émerveiller devant ces petits êtres qui nous prenaient nuit et jour. Des matins où ils semblaient nous avoir oubliés comme par accident, on se réveillait ivres d'un sommeil inespéré. Et l'on pouvait voir un peu à quoi cela ressemblerait le beau temps. Mais la fatigue était impérieuse, nous plongeant dans nos solitudes les plus secrètes. Avec ces années, cela ne reflète que notre jeunesse, ça brille, un halo sur les petites morts.
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23 septembre 2014

de la perte

elle et moi on regardait le désir fuir incrédules tout était sorti du corps pour nulle part nos membres redevenaient membres la peau simple peau nos sexes aussi incongrus qu'un légume de mer combien de fois nous ne nous sommes plus reconnus dans les draps ?
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23 septembre 2014

comme jeunesse

heureusement qu'on n'était pas dans le calcul on tâtonnait  on pleurait beaucoup la peur d'avancer se muait en tornade dans le brouillard l'autre accroché à nos doigts on y allait advienne... cela se nommait quelque chose comme jeunesse droit devant en zigzag
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21 septembre 2014

vide-grenier du souvenir

     Je me promenais dans la ville, dans mon quartier, avec ma fille. Les gens avaient mis tout à vendre sur le trottoir. On déambulait. Pourquoi suis-je parti du quartier il y a bientôt vingt ans ? J'étais bien, on était bien, jeunes, rêveurs, puissants dans nos rêves, dans cet appartement humide, à s'engueuler, à y croire, à couper les steaks, achetés par mes parents qui croyaient qu'on ne mangeait rien, en petites lamelles chinoises. On était bien, jeunes, dans ce quartier.  
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