Sine linea

18 septembre 2018

- deux jours d'orage trente-deux poèmes - (12) (recueil de poèmes : août 2018)

12

encore que ce soir

le rapport entre le si peu à vivre

et le si peu à dire

me semble évident

 

*

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17 septembre 2018

lettre à E.

tu espères dis-tu
que le reste sera à la hauteur du début ?
à la hauteur de l'herbe du camping oui !
tu as aimé le début
de - deux jours d'orage trente-deux poèmes -
vrai ?
chouette alors !
aujourd'hui j'ai reçu le BAT (Bon A Tirer)
pour le poème "la force de la figure"
qui a été retenu par la revue La Piscine
je te dirai quand ça sort et où
je te l'enverrai
ça fait du bien du beau papier
et quelques yeux qui lisent
même survolent
même critiquent
même déçus
un jour on saura que j'écris au pied des arbres
en attendant la marée qui ne vient pas
sur la rive espagnole
on saura que ça s'écrit tout seul
après les douleurs vides
quand faute d'atteindre les fonds
quelque chose se délivre
la somme des riens
le reste des presque vécus
la lente décomposition des lectures passées
(oh mon Elsa !
j'ai acheté il y a trois jours
tout Shakespeare
tu imagines ?
je me vois tout lire dans l'ordre
le plus lentement possible)
des élastiques dans le cerveau tu sais
tout est tendu et ça claque
ça pète
un clac comme ça
clac !
rien de plus
presque indépendamment
c'est comme si le fauve décidait
lui-même d'entrer dans le cerceau
même pas besoin de fouet
clac !
(eh mon Elsa
j'ai fini d'écrire mon livre pauvre aussi
sur l'Allemagne
pour l'exposition de Belfort
je t'en avais parlé sur cette belle place bordelaise
tu sais ?
j'ai écrit une lettre à Nelly Sachs
j'étais une femme
j'ai écrit cette lettre à une morte
je le dis dans la lettre
j'ai cherché une souffrance de femme pour correspondre
à la sienne
je n'ai pas cherché bien loin va !
j'ai pris la seule que je connaissais
la perte
tu sais
dingue !
j'étais entre Sachs Celan Hölderlin
une exaltée d'un autre siècle
un souffle un souffle qui venait de loin tu sais
j'avais juste à relire la dernière phrase de ma lettre
et la suivante venait
exaltée des heures des heures durant)
(maintenant que tout est retombé
je ne sais plus pour le souffle
je vois la folie
le moût de la folie
ce qui reste après piétinement
le marc)
(en tout cas j'étais femme d'un autre siècle
je parlais à tous Selma Paul même Johann
tu verras
je t'enverrai
j'étais folle romantique allemande)
lis lis le reste de mes poèmes espagnols
en attendant
comme on lisait dans ta baignoire
on lisait des heures dans l'eau chaude et la mousse
je fermais les yeux tu lisais
c'était quoi
Perec encore ?
Rimbaud
tu lisais à côté de la baignoire
tout habillée
ça résonnait dans les tuyaux
oui lis encore comme ça mes poèmes
que ça résonne encore dans les radiateurs
mon sexe était petit nénuphar
perçant ou non les mousses
il s'éclipsait face aux mots lus
oui lis lis comme ça
je t'écoute
j'étais derrière chez ton père en Espagne
au Cap de Creus
quand les trente-deux poèmes se sont écrits
le temps était aux orages
les fourmis avaient pris mes yeux
la mante religieuse me dictait tout ça
je disparaissais sous l'arbre
et les yeux de mes enfants
et maintenant tu lis
ça fait trente ans que tu veux bien les lire mes poèmes
ça doit être pour ça que ça s'écrit
que le fauve entre dans le cerceau
que ferais-je sans tes yeux ?

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- deux jours d'orage trente-deux poèmes - (11) (recueil de poèmes : août 2018)

11

des heures à composer

– thèmes et versions –

pour que notre corps

soit la pierre à dépolir

ou que tout puisse se résumer

à une question inessentielle

tel que Jacques Dupin l’a posée

– déposée

« combien d’heures ai-je infusé dans la bouilloire de sa gorge ? »

 

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16 septembre 2018

Dosto

     Reprendre la lecture de Crime et châtiment après des années, et tout est en place, je retrouve l'atmosphère, je fais le lien avec le personnage d'Hamsun, et tous les jeunes balzaciens, pauvres, à fuir les logeuses...

     Comme une partie qui nous constitue, délivrée à nouveau...

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poèmes courts à deux (4)

4

mot 4 : brise

 

coule sur mon dos

la brise de septembre

une caresse

 

les deux pieds dans l'océan

mon enfance palpite

 

*

 

le soleil moins haut

les feuilles qui se dérobent

la brise d'automne

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poèmes courts à deux (3)

3

mot 3 : creux

 

l'échappée en creux

entre les hanches ronde

offre l'horizon

 

j'épie l'instant frisson

air et eau m'envahissent

 

*

l'océan me berce

une enfance au creux des vagues

à jouir des marées

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- deux jours d'orage trente-deux poèmes - (10) (recueil de poèmes : août 2018)

10

entre le tonnerre

et l’averse

quand le vent gonfle

ou renverse tout

 

 

– il me faut étirer

 

ces temps

 

modeler polir les froissements –

 

avant que tout retombe

 

feintant l’absence –

 

 

 

vaine gymnastique

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15 septembre 2018

Au pays des lézards, journal de Corse, 13 août-28 août 2018 (15)

28 août 2018

Hier soir tard, Cédric m’a aidé à réserver des covoiturages pour moi, je devrais rentrer à Toulouse dans l’après-midi, si tout va bien… Lui, a préféré continuer l’aventure en stop, incroyable, increvable !

Il a été pris tout de suite quand Nelson nous a laissés sur la route d’Aix à 7h30, alors que moi je dois attendre plus d’une heure mon covoiturage ici…

Fatigué quand même de toutes ces incertitudes. A la fois je m’en veux d’avoir renoué avec la carte bleue et blablacar, à la fois je suis pressé d’arriver chez moi, de voir les enfants… La fac de Paul a appelé, je n’ai pas bien compris pourquoi, il me faut réécouter le message au calme…

Déposé à Aix à 10h. Premier covoiturage fini, j’attends le deuxième, et qui je vois au rond-point ? Cédric, à faire du stop!Dingue ! Il porte au cou son carton avec inscrit Montpellier…

On a discuté bien sûr, puis je me suis écarté de lui pour ne pas gêner son entreprise. Je suis à trente mètres, je le regarde avec ses lunettes jaunes, à sourire aux indifférents, c’est comme se voir, en étant ailleurs, miroir, pensées…

L’impression de faire durer le voyage pour ne pas retourner au travail…

J’ai commencé une petite cure de raisins, un kilo ce matin. J’ai de nouveau faim…

Le deuxième covoiturage me fait signe...

Depuis la voiture, je lui fais signe, m’a-t-il vu ?

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et vu et lu...

plein de belles choses depuis début septembre :
quand je mets un seul h : très bof, un H pas terrible, 2 HH bien, 3 HHH super, 4 HHHH extra !
(je n'ai plus la patience de commenter, présenter, insérer des photos...)
La honte, roman d'Annie Ernaux : HH
Guy, film de Lutz : HHH
Choix poèmes de Rilke (L'oeil du poète) : HH
poésie complète de Sachs : HH
Moins que zéro, roman d'Elis : H
Elven : série policière sur Arte : h
Moi et mon monde, film allemand sur Arte : HHH
Fuocoammare, par-delà Lampedusa : documentaire / migration, sur Arte : HHH
Welcome, film de Lioret : HH
Burning, film de Lee Chang-Dong au ciné : HH
Chien enragé, film de Kurosawa, sur Arte : HHH
Le Grand soir, film de Benoît Delépine et Gustave Kervern : HHH
My lady, film au ciné de Richard Eyre : HHH
Le labyrinthe infernal, bd de Tardi, série Adèle Blanc-Sec : H
Les escalopes : bd de Sébastien Lumineau : HH
Le Palais de cristal, poème (?) de Valéry Larbaud et Jean Cortot : HH
des poèmes de Kerouac : H
Emissions sur le ciné : Blow Up, sur Arte : Picoli HH, Belmondo HH, Le silence au cinéma HHH

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- deux jours d'orage trente-deux poèmes - (9) (recueil de poèmes : août 2018)

9

ton collier de jambes

à ma hanche

un des rêves blancs

de mes nuits indormies

 

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