Sine linea

15 juillet 2018

Vrac (être poète) (308)

Être poète, lancer le caillou de la marelle des mots.

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Jeune Poésie 1988-1991 : 4 Elements et Réactions (1 Jour triste)

Jour triste

 

Coincée entre ces deux fils,

Tu coules et te faufiles

Dans l’air frais du tôt matin

Et je te rejoins, badin.

 

Petit à petit tu grimpes,

Prompte à atteindre l’Olympe,

Pure et magnifique fleur

Que je porte dans mon cœur.

 

Tu es à la verticale

Maintenant, et te décales

De ton axe, ancien repère

Que tu laisses, solitaire.

 

Tu te caches, à présent,

Derrière le gris lassant,

Et tu me laisses, tout seul,

Soudain vieux, veuf et veule.

 

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14 juillet 2018

Vrac (être poète) (307)

Être poète, un cri sourd déjà oublié.

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Jeune Poésie 1988-1991 : 3 Rêves (7 Le réveil assassin)

Le réveil assassin

 

Le soleil accourt

Et les nuages fuient,

Le soleil est chaud et sourd,

S’il pouvait, chasserait la nuit.

 

Il régnerait ainsi sur tout

Il accorderait des temps à la lune,

Perdue, sous cette lumière éternelle, roux,

Perçant, il vaincrait la nuit brune.

 

Ses rayons transcendants créeraient

De nouvelles vies, de nouvelles morts.

Son seul plaisir compterait et les vieux marais

En s’asséchant brilleraient d’or.

 

Il boirait ainsi sa victoire

Dans cette coupe où lézards et serpents

Règnent sans pitié, dans cette journée sans soir

Où sur l’échafaud le noir pend.

 

Songe d’une nuit

Où l’horreur seule accourt

Mon réveil que l’astre suit

Me replonge dans ce grand four.

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13 juillet 2018

Vrac (être poète) (306)

Être poète, rester dans l’ombre des mots.

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Jeune Poésie 1988-1991 : 3 Rêves (6 Le soleil et moi)

Le soleil et moi

 

Je suis tombé en même temps que le soleil

Lui, dans l’eau lumineuse et moi dans le sommeil,

Il rêva de champs bordés d’une douce bruine

Et moi d’une grande demeure toute en ruines.

 

Il avançait, rouge et chaud, chassant les nuages

Tel un épouvantail éloignant les oiseaux ;

La bruine, vaincue, devant cet astre sans âge,

Partit ; et le soleil billa, seul, fier et beau.

 

J’entrai, là, dans ce piètre domaine sans toit,

Inquiets, mes yeux fouillaient et retournaient les pierres,

Vue atroce et triste révélation : c’est moi,

Moi qui tombe en ruines, esseulé et peu fier.

 

Nous nous réveillons, nous levons et habillons

Lui de sa belle veste d’hyacinthe et d’or

Et moi de mon moche manteau, des mes haillons ;

Il me brûle la peau hâle, encore et encor.

 

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12 juillet 2018

Vrac (être poète) (305)

Être poète, face au temps paisible des catastrophes.

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Jeune Poésie 1988-1991 : 3 Rêves (5 Rêve d'amour)

Rêve d’amour

 

Voulant oublier les femmes

Liszt, éphèbe merveilleux,

Se cloîtra en monastère.

 

Pensant retrouver sa flamme

Liszt, ascète bien pouilleux,

Se perdit dans l’air austère.

 

Rien ne venait sous sa main

Mis à part le grand désir

Qu’il repoussait, ah, l’insane !

 

Et d’aujourd’huis en demains

Il niait tout du plaisir

Jusqu’à ce que cœur se fane.

 

Son piano devenait tombe

Où fuyait son âme éteinte

Ornée de feux follets morts.

 

Son piano creusait la combe

De ses créations sans teinte

Se purgeant des soirs d’alors.

 

Une nuit l’envie revint

Dans un rêve insomniaque

Où cent femmes trônaient nues.

 

Demain aux couleurs du vin

Coulait enfin orgiaque

Dans sa gorge, infini fût.

 

Main, à nouveau créatrice,

Sachant saisir les deux corps

Côte à côte aimait l’oubli.

 

Main, vertu copulatrice,

Faisait naître les aurores

D’une âme sortie des plis.

 

Liszt, lumineux Liszt au cœur

Déchaîné des pleurs du choix

Plongeait sa vie dans l’amour ;

 

Dans cette eau où de bonne heure

Nagent cent femmes, Liszt, roi

Composait « Rêve d’amour ».

 

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11 juillet 2018

Vrac (être poète) (304)

Etre poète, c'est éviter d’écrire :

« L’avantage d’être une femme,

c’est de pouvoir contrôler l’imprévisible. »

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Jeune Poésie 1988-1991 : 3 Rêves (4 Automne. Rêve familier)

Automne. Rêve familier

 

Des arbres se tordent à ma vue, des feuilles tombent et je passe, souriant, vainqueur, dans ces allées allégées. Les couleurs que je piétine

jaillissent encore jusqu’à ma cheville et je perce leur parfum. Les femmes s’habillent plus chaudement mais leur costume saisonnier s’ôte à

mon regard et je vis dans un monde fantasmagorique. Je marche parmi les arbres et les femmes dénudés.

 

Chaque bouffée d’air me rend pratiquement fou. Je m’enivre. Tout me grise. Je m’enferme dans ma veste, les yeux clos et j’attends que

vienne le vent pour balayer ce rose, ce rose ! J’ouvre et là, là, partout, mille femmes, mille feuilles ! Je souris, j’accepte tous ces dons,

j’écarquille mes deux yeux qui s’empressent de dévêtir toutes ces branches, tous ces bras. J’enlace les troncs et tourne en rond, j’embrasse le

front de ces demoiselles désabusées. Tourbillonnant, je sens des seins, des sarments se blottir contre ma poitrine. Des bras, des branches, des

bûches, des jambes !

 

Et l’automne cocasse m’abandonne à vous…

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