Sine linea

20 mai 2018

Vrac (être poète) (252)

Être poète, vivre et mourir inconnu,

comme le précise la note épinglée au ventre de l’araignée

dans la mémoire du peintre sortant de son atelier « abstrait »

pour ses déambulations quotidiennes.

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19 mai 2018

Vrac (être poète) (251)

Être poète, passer de Steve à Daniel,

à Boon, à James, à Jimmy,

à moi-même.

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Le Mal de terre, André de Richaud (1947) (8)

     Il discutait ce soir-là, assis sur les marches de l'église pleine de pariétaires en touffes vert pâle, avec le Long, ainsi appelé parce qu'il avait près de deux mètres de hauteur. Les genoux du Long lui montaient jusqu'au menton, et pour aider sa méditation, il laissait pendre entre ses cuisses, de sa lèvre violette jusqu'à la pierre usée, un long fil de salive qui brillait dans l'ombre comme s'il avait été d'argent. Ulysse, muet, regardait curieusement ce phénomène. Ils entraient, côte à côte, dans une rêverie sans limites, quand ils levèrent brusquement la tête. Le fil d'argent se brisa sans bruit. Un homme était devant eux.

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18 mai 2018

Vrac (être poète) (250)

Être poète, rêver de pouvoir fermer la porte des rêves.

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Le Mal de terre, André de Richaud (1947) (7)

     Donc, ce soir-là était un beau soir d'avril. Les yeux des chats jouaient voluptueusement avec la lumière déclinante et les premières feuilles des platanes s'agitaient à l'air frais qui s'élevait de la fontaine. La rue montait et le regard se perdait dans les premiers pins du Ventoux.

     La maison d'Ulysse se trouvait à une centaine de mètres du village. Sa femme étant dans une période de crises, il ne voulait plus la voir, craignant de la tuer dans un moment de colère. Il venait donc parler un moment avec ceux du pays et ne rentrait que lorsqu'il était à peu près certain de la trouver couchée. Des fois, elle était étendue de tout son long sur le pavé de la cuisine, les coudes ou le nez abîmés par la chute. Alors il la prenait par les épaules, et la jetait sur le lit en grinçant des dents...

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17 mai 2018

Vrac (être poète) (249)

Être poète, tes doigts qui glissent,

tes yeux se ferment, j’écris.

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Le Mal de terre, André de Richaud (1947) (6)

     Cette femme sème la crainte sur son passage. Le mal la prend généralement à certaines époques du mois, lorsqu'elle est près de l'eau. Par quel curieux pouvoir l'eau attire-t-elle les épileptiques ? Il suffit qu'elle se trouve devant le miroir changeant de la fontaine pour qu'elle s'abatte dans la conque, comme un tronc coupé au ras du sol, la bouche écumante. Alors quelqu'un accourt en hâte, retire la bonne femme de l'eau, et le soir, Ulysse, sous l'oeil apitoyé des voisins, vient nettoyer la margelle verte, car les chevaux et les autres bêtes des fermes refusent de boire une eau souillée de cette façon. Il fait le travail en jurant. Croyez-vous que ce soit une vie pour cet homme ?

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16 mai 2018

Vrac (être poète) (248)

Être poète, avouer en avoir bavé, pas vous ?

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15 mai 2018

Vrac (être poète) (247)

Être poète, briser le bâton de Serge.

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Le Mal de terre, André de Richaud (1947) (5)

     Mais celle qui porte en elle tout le mystère du pays, c'est la Rondasse, la femme d'Ulysse. Elle tombe du mal de la terre, comme tous ceux de sa famille, d'ailleurs. Elle est maigre et noire. Ses cheveux sont crépus et ses yeux clairs comme de l'eau de savon, avec une écume rouge au bord des cils. Elle peut rester un mois, deux, sans tomber ; mais une fois qu'elle a commencé, elle ne fait que cela toute la semaine. Pendant ses périodes de crise, les yeux lui sortent de la tête, et elle fait le travail de sa maison comme une machine avant de s'abattre sur le sol. Son mari remonte ses pantalons de velours et murmure, les dents serrées par la colère :

- Y sian mai ! (Nous y sommes encore !)

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