Sine linea

18 avril 2018

Vrac (être poète) (220)

Être poète, c’est croquer les croûtes et saigner encore.

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17 avril 2018

Vrac (être poète) (219)

Être poète, vivre en catachrèse.

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16 avril 2018

Vrac (être poète) (218)

Être poète, c’est quand l’anthologie des pensées non dites

s’entend dire : « C’est tout ? ».

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15 avril 2018

Vrac (être poète) (217)

Être poète, c’est dérober toutes les lettres du vide.

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je suis là et j'attends

je n'ai pas pu résister plus longtemps

je t'ai envoyé un message

j'attends que l'écran s'allume

je lis à l'avance tes mots

embarrassés de refus

je lis les yeux davantage sur l'écran que sur la page

"j'écris avec des mots qui boxent, car je n'ai pas de santé"

je lis   picore

rien ne reste

les mots se succèdent juste

s'effacent presque

"Vu ma faiblesse, j'ai décidé de flageller phrase après phrase."

je suis presque bien dans cette toile

j'attends l'épeire diadème

la piqûre la morsure la délivrance

"Le sang n'a plus de rime"

le soleil semble enfin fixé

"tu me seras symétrique"

je le sens  seul peut-être

le pollen remonte les rues et les airs

flocons inversés

"je ne suis pas à jeter aux ombres"

je lis je respire à peu près et j'écris

encore moins assuré

"je bats le silex des mots"

en t'attendant

il me reste un petit bout d'humanité

grâce aux lignes que je suis des yeux

"Apoète n'était qu'un prête-nom. Je suis guéri."

je t'attends

j'attends de vivre peut-être

oins-moi mange-moi

je me tiens dans ta main ouverte

offrons-nous

trompons les temps

un temps suffisamment long

pour le croire infini

il n'y aura plus de bruit à notre chute

"ma langue glisse sous ta porte

un caillou poli et plat"

comme ces poèmes

platitude d'une vie à attendre

j'imagine le dernier moment

le dernier souffle

le regret de toute cette attente

ces mots comme les averses du printemps

le pollen en boule au sol

nuits érotiques des cycles

moi autour exclu "comme une promesse condamnée"

"combien d'heures ai-je infusé dans la bouilloire de sa gorge?"

j'attends la réponse

j'attends ta nuit

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en bouche

je suis là encore

ton thé vert du Japon en bouche

je pense à toi

l'impression de m'être retenu cent jours pour t'appeler

non à peine deux

je ne saurais plus passer par cette machine

être remué lessivé blanchi

l'amour comme un souvenir de douceur

lointain

un goût de rêve

genmaicha yama

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14 avril 2018

Vrac (être poète) (216)

Être poète, dans les collines, blottis,

attendant l’ordre du capitaine des Névons.

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eureka

     Eureka !

     Pour faire taire ces grands groupes qui reposent sur rien, c'est-à-dire sur nos clics, c'est-à-dire sur notre désir, c'est-à-dire sur nos manques, c'est-à-dire sur notre néant, qui gagnent 50 milliards par an là-dessus, c'est-à-dire sur rien, c'est-à-dire sur nos clics, c'est-à-dire sur notre désir, c'est-à-dire sur nos manques, c'est-à-dire sur notre néant, qui présentent des excuses pitoyables, qui reposent sur rien, c'est-à-dire sur nos clics, c'est-à-dire sur notre désir, c'est-à-dire sur nos manques, c'est-à-dire sur notre néant, qui... c'est-à-dire... sur... j'ai trouvé ! Eureka !

     Voilà, avant de quitter ces plateformes qui... c'est-à-dire... sur... rien... vous continuez de cliquer, vous accélérez vos clics, vos recherches, vous les amplifiez, vous les multipliez, vos envies de trajets d'avion, vos idées de réservation d'hôtel, vos rêves de sexe, d'objets, de caméras, de voitures, de rasoirs à dix-huit lames, vos shampooings repousse-cheveux, vos chaussettes, machines à vapeur, vous cliquez vous cliquez, mais jamais non jamais vous ne foutez dans votre panier virtuel quoique ce soit, vous faites mariner tous ces non-achats, et le lendemain, vous revenez, même boulot, une demi-heure par jour, jamais vous n'achetez, vous poursuivez vos recherches, l'avion pour Doha, vos barques pour le canal, vos fusils à pompe, vos bonbonnes de gaz, vos livres sur le zen, les toilettes sèches, vos lombricomposteurs, mais jamais jamais vous ne cliquez sur acheter, jamais vous ne mettez votre carbe bleue dans le lecteur...

     Au bout d'un mois de ce boulot revigorant, vous annulez vos abonnements.

    Et, après ce retrait, vous résiliez votre abonnement internet, vous sortez le nez dehors, vous sarclez le chiendent, vous humez les pages d'un livre oublié, vous caressez le chat qui passe...

     Simple, non?

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le miroir en retard

je suis là et j'attends

je l'attends

je ne pensais plus savoir attendre

dans son sourire

tout qui m'est parti

un miroir en retard

 

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13 avril 2018

Vrac (être poète) (215)

Être poète, c’est berner la dépossession.

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