Sine linea

11 février 2017

dernier voyage du poète

     Bon. Pas envie de rédiger un article officiel pour la disparition de l'auteur de bande dessinée japonais : Jiro Taniguchi. Des années qu'il m'accompagne, des années que je tourne toutes les pages de ses mangas, que je me surprends à être pris à chaque fois par ses histoires réalisées de façon simple, voire simpliste dans la forme. Et tout fonctionne, on voyage à chaque fois !

     A chaque fois je crois avoir tout lu, et non, je découvre un opus caché... Le dernier en date : Furari (2012 en France), même effet : je regarde ce curieux géomètre compter ses pas dans ses pérégrinations et je suis avec lui, dans son émotion, dingue ! Le même effet quand j'avais découvert L'Homme qui marche (1995)...

     Quand j'ai lu Quartier lointain, j'ai versé des larmes, comme je le ferai peu de temps après avec Le Combat ordinaire de Manu Larcenet, avec le même thème de la disparition ou de la mort du père.

     Quand mon beau-fils a tourné dans l'adaptation cinéma du même Quartier lointain encore après, j'ai râlé d'avoir loupé le maître sur le tournage à Nantua. Mon beau-fils lui l'a vu, il était très discret et attentionné sur le tournage avec les enfants et toute l'équipe.

     Je ne dirai pas ici toutes les émotions qu'il m'a procurées pendant ces vingt dernières années, je reste seul, orphelin comme après le départ de Moebius et Fred.

Merci l'Ami !

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09 février 2017

Pessoa toujours

Je ne pense à rien,

Não estou pensando em nada

et cette chose centrale, qui n’est rien,

E essa coisa central, que é coisa nenhuma,

m’est agréable comme l’air de la nuit,

É-me agradável como o ar da noite,

frais en contraste avec le jour caniculaire.

Fresco em contraste com o verão quente do dia, (...)

 

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08 février 2017

des vignette du passé

     Depuis le festival d'Angoulême, je redeviens scénariste, une renaissance ! Mon livre de chevet se voit découper chaque jour par mes soins, je nage dans un océan de retrouvailles !

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05 février 2017

à l'écart

     Je n'irais pas plus loin. Mes pensées tourbillonnaient, les boucles qu'elles formaient sur elles-mêmes m'élevaient. C'est dans un éclair que la solution m'apparut : il n'y en avait pas. Je ne pourrais rien faire contre l'absurdité du monde, avec mes faibles idées inquiètes en quête d'un sens, d'un équilibre improbable. Ce tourbillon ne m'était pas inconnu, je ne pourrais pas dire que c'est ce jour-là, cet instant, cette étincelle qui me fit basculer, depuis toujours la course du monde m'avait paru absurde. J'y répondais de façon biaisée, des poèmes, des nouvelles, des récits, en vain.

     Je sortis de ma douche paresseuse et j'agis. Finies les ritournelles, les élégies infinies, je pris mon combiné, l'ancien, avec un fil, et j'appelai chaque administration, chaque commerce avec qui j'étais encore lié, pour leur annoncer mon départ. Foin d'internet, de mes banques, des mes abonnements divers et variés, je me libérais le plus promptement possible. Je ne pouvais pas ne pas avoir de comptes ? Pas d'assurances ? D'accord. Je leur dis à chacun que j'avais choisi telle autre entreprise et le tour était joué. Je suivais les lignes de mes comptes pour découvrir la nature de mes retraits automatiques et au bout d'une heure, tout était soustrait. Je gardais l'appartement pour le mois en cours et commençai à photographier chacun des objets qui fleurissaient ma tombe locative. Je me dépêchais, l'abonnement internet ne cessant que dans une semaine, il me fallait les vendre tous en ligne avant de partir. Mes livres, mes bandes dessinées, mes costumes sous plastique jamais remis... Dans un sac, je mis l'essentiel : deux tenues et mon carnet, si écrire me revenait. Et je me tins là, mon dernier roman en main (L'amie prodigieuse) à attendre la réponse des internautes. Les pots de fleurs partirent vite, les livres moins. J'en fis des cartons, prêt à les poser sur le trottoir à mon départ. Mes vieux vélos se vendaient pour rien mais partaient vite ! A l'acquéreur d'une étagère, j'offris mon vieux grille-pain. Rarement je n'avais été aussi occupé, un vrai secrétaire !

     Ma lettre de démission en poche, j'allai voir mon chef. Il ne fut pas surpris, habitué par mes extravagances. Un sourire se dessinait presque sur son visage, c'était comme si ma lettre et mon attitude inconvenantes étaient choses certaines pour lui dès mes débuts dans sa boîte de fret, la seule question en suspens étant quand je partirais. Voilà, tout arrive. De mon côté, les faibles billets que j'empochais de mon opération m'offraient quelques jours de répit.

     Trois petits jours avant l'état des lieux. Un professionnel des bouquins avait fini par les emporter tous pour des clopinettes. Je ne regrettais finalement que La Faim de Knut Hamsun et étrangement Cartons de Pascal Garnier. Je n'avais plus internet et je m'en portais très bien. Finies les conneries répétées, moquées en boucle à la radio, dans les journaux, sur internet, le candidat qui paie sa femme pendant des années à rien foutre, celui qui serait le jouet des russes à cause de golden shower filmée, mais de quelle merde je m'extirpais joyeusement ! Enfin !

     Ce fut plus compliqué avec l'avocate, les pensions des enfants, les procédures en cours, je n'avais pas réussi à lui dire que je plaquais tout. Je réglais ce que je lui devais et lui devrais encore, la dette auprès d'elle était toujours à venir, une vague perpétuelle, je mentais comme je pouvais. Disparaître était impossible pour ces gens-là, et même pour elle, qui avait fini par devenir ma seule bouée dans cet océan déceptif qu'avait été la liste à rallonges de mes dépossessions.

     J'avais oublié de faire des enfants cons, alors bien sûr ils posaient des questions, tout le garage qui se vidait, et l'appartement ! Ils avaient dormi le dernier week-end au sol sur les trois matelas que j'avais conservés en pensant à eux. Je faisais semblant de bosser encore, je faisais des courses en leur présence pour leur montrer que j'étais toujours le père consommateur qu'ils voyaient en moi. Plus d'internet ? Je leur mentais, oui, j'avais oublié de régler un mois, ils vont le remettre la semaine prochaine...

     Voilà, le grand jour, j'ai livré mes dernières forces dans la bataille, en frottant, briquant à coups de javel tout l'appartement pendant plus de dix heures, mal de dos, ivresse des produits domestiques. Rien n'allait bien sûr à la grande courge qui faisait office d'agent immobilière, chienne truffière en chasse du moindre défaut verbalisable... Tant pis, oui oui, j'attends votre courrier, dans ma tête non non je ne le recevrais pas, et de la caution, je n'espérerais pas les miettes qu'elle me laisserait... Je lui ai donné les clefs. Un noeud en moins. Mon trousseau avait fondu, la clef de voiture, c'est tout. Dans son coffre, mon sac, mes deux tenues, ma brosse à dents. Je conduisis lentement, n'ayant plus aucun papier en règle. Tout droit. Enfin, il y avait bien des virages que je suivais quand même...

     Arrivé. Le bout du monde, l'océan qui chute à ce bout de la terre plate, le rien visible à l'horizon. A quelques centaines de mètres de là, l'ancien chez-moi, celui de notre amour, de la maison sortie de terre, les photos de chaque étape, la chape, les murs, l'escaliers, le toit... J'ai garé ma voiture dont je ne compte plus me servir à deux kilomètres, à la sortie de Fa et j'ai marché depuis la tour jusqu'à la cabane de vigne, une sorte de grangeau comme disait mon arrière-grand-père. J'y ai posé mon bagage, au fond. Je l'avais repérée quand je sillonnais toute la région en courant, préparant marathons et triathlons. Je connaissais chaque sentier, chaque col, chaque troupeau, chaque chien doux ou agressif, chaque propriété anglaise, hollandaise, chaque puits à souhait, chaque arbre fruitier, les amandes amères, les coings durs, les odeurs fortes des terriers des renards. Personne ne passe ici, sauf sangliers et cavaliers.

     J'ai bien mon cahier si les mots revenaient mais rien ne passe ni s'arrête, si ce n'est les jours et les nuits. Je profite des eaux du ruisseau pour regarder comment mon visage se laisse manger par la barbe. La nuit, quand le ventre me tord, que la rapine des fruits est trop petite,  je rejoins les villages et leurs poubelles pour le calmer. Des fièvres, j'en ai eues, mais elles passent finalement. J'imagine mes enfants, leur mère, l'avocate, mes frères et soeur, ma mère même, leurs démarches. Personne ne me trouvera, et peut-être même personne ne me cherchera.

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04 février 2017

sur son passage

     J'ai découvert L'inondation d'Emile Zola, nouvelle sur la crue de la Garonne de 1875, force d'écriture ! Vagues effrayantes ! J'y étais !

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dans la bouche

     Dans mon lit, à rêver, de l'axolotl, de vivre, de femmes, un goût de vacance.

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02 février 2017

vu du 14 au 19 décembre

     Allez, il me faut finir le journal de décembre...

Rappel : 1 seul H : bof, 2 H : bien, 3 H : très intéressant, 4 H : génial.

mercredi 14 décembre : La jeune fille et le nègre, tomes 1 et 2 : bande dessinée de Judith Vanistendael (2008-2010) : HH ; en y revenant, je me souviens que tout n'était pas tendu, un graphisme qui me convient mais des creux narratifs.

jeudi 15 décembre : Espaece : spectacle d'Aurélien Bory : HHHH ; je suis là, face aux murs qui bougent, aux mouvements des acteurs, à leur folie, le tourbillon encore m'a pris comme après le premier spectacle de lui que j'avais vu (Azimut, 2013), je retiens ma respiration, j'entends l'acteur tomber, sursauts, il arrive par une porte, je respire...

Cannabis (1) : série télé de Lucie Borleteau (2016) : HH ; ça fonctionne, on suit les conséquences des initiatives de chaque trafiquant, et nous partageons cette nasse.

The immigrant : film de James Gray (2013) : HH ; ça se voudrait une fresque, mais des longueurs, ça retombe, une histoire de scénario et de découpage...

samedi 17 décembre : Cannabis (2 à 6) : et voilà, quand j'ai vu que sur Arte+7, il ne restait plus beaucoup de temps, j'ai regardé les cinq épisodes d'un coup...

dimanche 18 décembre : soirée films d'animation de Sébastien Ludenbach : HHH ; découverte pour moi de l'auteur de La Jeune Fille sans mains, la liberté de son ton, la beauté de son regard !

 

Le Passe-muraille : téléfilm de Dante Desarthe : HH ; douceur, plaisir narratif, quel acteur ce Denis Podalydès !

lundi 19 décembre : La belle vie : film de Jean Denizot (2013) : HH ; une autre référence à l'affaire Fortin, de bons moments poétiques et beaux le long des fleuves, mais la réalité puissante de Cédric Kahn : Vie sauvage, m'avait porté plus loin, dans une tristesse sourde bien plus touchante.

Marcello Matroianni, L'Italien idéal : documentaire d'Emmanuelle Nobécourt : HHH ; très bien mené et documenté, on en apprend beaucoup sur l'acteur myhtique, et sur le cinéma d'alors...

Personne ne bouge : spécial Almodovar : émission télé de Philippe Colin, Xavier Mauduit et Frédéric Bonnaud : HHH ; petit format très efficace, bien documenté et entraînant !

Sunny Boy : court métrage de Jane Gull : HH ; coup de poing avec ce jeune acteur qui ne peut rester au soleil, poignant !

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01 février 2017

la solitude du lecteur

     Journée pleine ! Des cours, des copies, un film au cinéma : Neruda de Pablo Larraín, lecture de bande dessinée : Plus fort que la haine de Bresson-Follet, et l'excellent André de Richaud : Retour au pays natal !

"Quel travail de titan, que de mettre sur les ruines de son enfance la ville de son avenir. Surtout quand on sait que ça ne réussira pas. Mais pourquoi s'attarder aux êtres humains (qu'ils disent) quand les pierres de votre enfance ne vous comprennent plus ?"...

     Et que dire de la rererelecture de La Faim de Knut Hamson ? J'ai pris des notes pour l'adapter en bande dessinée, je ne suis toujours pas descendu du festival d'Angoulême !

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calendrier littéraire (février 2017)

FEV

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30 janvier 2017

un artiste... Kim Jung Gi

     J'ai vu dessiner un extraterrestre ! Kim Jung Gi ! Son trait si assuré et imaginatif, tout qui roule ! Et mes yeux aussi, effarés !

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