Sine linea

03 juin 2021

le joli mois de juin naissant

Hier, ce fut une très belle rencontre à la médiathèque Saint-Cyprien avec Murièle Modély !
Notre amie et poète a eu la gentillesse de répondre à nos questions croisées, à celles d'Angéline, bibliothécaire (merci pour le très bon accueil !), et aux miennes, et de lire quelques-uns de ses poèmes.
Merci au public, très intéressé par nos échanges, et qui a joué le jeu de la jauge et des masques !
Quel plaisir d'être avec un public, et de parler poésie, enfin ! Nous avions monté nos éditions pour cela mais le virus et les restrictions sanitaires ont tout décalé...
Et demain, le plaisir se prolonge, Murièle remet le couvert ! Elle vient lire à 19h à la très belle librairie L'Autre Rive ses poèmes, essentiellement ceux tirés de son dernier recueil User le bleu suivi de Sous la peau.
Bonne lecture et bons moments à tous !
Autre actualité à nos éditions Aux Cailloux des Chemins, samedi à Bordeaux, exposition et rencontre autour des oeuvres et gravures d'Hélène Bautista, principalement son travail sur La Confession de Guy de Maupassant !
Enfin, la culture essentielle reprend ses droits !

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19 mai 2021

"la forme d'une paupière"

Tu ne savais pas que le temps

avait la forme d'une paupière

aussi l'enfouissais-tu dans la définition

des choses

jusqu'à chercher l'ombre extrème

d'une branche qui n'existait pas.

 

Christian Viguié, Juste le provisoire, éditions Rougerie, 2004.

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11 mai 2021

actualités multiples

Je n'ai pas l'habitude d'être comblé ni satisfait, ça cache quelque chose ! 

Les éditions me ravissent, dans tous les sens du terme...

Je viens de finir un article sur Murièle Modély, dont j'apprécie de plus en plus l'oeuvre à force de la parcourir.

Et Charles Pennequin a répondu ce jour à l'entretien que nous avions lancé  à l'occasion de la sortie de son livre à nos éditions : Aux Cailloux des Chemins!

Catalogue | Aux Cailloux des Chemins

Il sera édité cinq à six livres par an pour débuter, en équilibrant les sorties de nos deux premières collections : Nuits indormies, collection poésie et Vu par, rencontre entre un texte et un artiste plasticien.

https://www.aux-cailloux-des-chemins.fr



 

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19 avril 2021

les golems numériques

 

Dès le premier janvier, nos messages se sont croisés. En temps réel nous avons su ce que faisait l'autre. Je t'imaginais en cours, tu me voyais pédaler. J'entrais dans ta baignoire, tu me rejoignais au restaurant, virtuellement.

Et puis, après trois cents cents textos par jour, nous avons accepté de participer à ce projet fou, qui nous a rebutés pourtant, nous, vieux traditionnels, méfiants des nouveautés, de la technologie folle, vieux amoureux du contact des livres…

C’est que le type avait su nous séduire, comme malgré nous. Il nous avait sélectionnés, suivis, traqués. Tant de textos quotidiens, si à part, si imaginatifs et tendres, ça n’était pas passé inaperçu sur sa toile qui ne récoltait à longueur de temps, qu’injures, pornographies et tortures en tout genre ! 

Notre douceur l’avait aiguillé jusqu’à nous. Et la sienne en retour, folle aussi, modernement poétique et technologique avait fini par faire céder notre muraille de méfiance.

Nous avions pourtant bien l’impression étouffante de vendre notre âme au diable, comme dans les récits fantastiques que nous donnions à lire et étudier à nos élèves, mais nous avons bel et bien signé son contrat, à distance, sans s’être jamais vus ! C’était si unique, si littéraire !

L’homme de la multinationale a gagné la partie : on a paraphé tous les deux, en même temps, en ligne, son contrat démoniaque, et le phénomène s’est mis en marche, haut et intimidant comme une statue mythologique.

A peine avions-nous pactisé que les deux avatars tant vantés prirent vie devant nous, sortant de nos écrans, sous nos deux sous-pentes, la tienne dans la ville lumière la bien nommée, la mienne dans la ville rose, éclairant à eux seuls la nuit de nos mirages, bien davantage encore que les rayons du soleil filtrant à travers nos vasistas.

Grands, magnifiques, majestueux, doux, tendres, puissants et touchants à la fois, les deux êtres projetés face à nos yeux d’enfants retrouvés nous souriaient, attendant tendrement que nous débutions l’expérience qui allait bouleverser nos vies. La peur et le désir se trouvaient liés devant nous en ce noeud qu’incarnaient nos amants lumineux. Il nous fallait maintenant les activer mais fascinés et pétrifiés comme nous l’étions, il nous fallut un temps infini pour nous résoudre à vivre à travers nos deux golems numériques.

Et nous avons fini par plonger dans toute cette virtualité. Nos avatars, nourris de nos deux sensibilités additionnées, je devrais dire multipliées, créaient chansons et poèmes, à tour de bras. L’un face à l’autre, projetés dans la nuit de nos désirs, ils tournoyaient, dansaient amoureusement avant de scander avec passion leur lyrisme nuptial et érotique. Ils figuraient en quelque sorte notre amour de loin, comme si nous avions convié la muse Erato à tous les banquets possibles et imaginables.  

Nos ersatz versifiaient sans cesse.

Chaque semaine, nous recevions de cette mystérieuse start-up un magnifique recueil de leur somme poétique et le décompte de nos royalties, exponentielles. Les internautes, toujours plus nombreux (1 puis 2, 3, 1à millions d’abonnés), eux, recevaient sur leur téléphone, tablette et ordinateur, de nombreuses notifications de notre création conjointe. Très vite, nous avions eu de quoi vivre de cette littérature auto-générée. Nous aurions pu cesser d’enseigner, et profiter de cette manne hors du commun.

Mais ça n’a pas pu continuer longtemps ainsi, ça se saurait si tout était merveilleux dans la vie et même dans la vie rêvée… Déjà, nous n’avions plus la même disponibilité pour poursuivre nos échanges quotidiens. Nous avions pris le pli de croire que les poèmes et les chansons provenaient véritablement de nous, et non pas de nos ombres jumelles, et c’est comme si nous nous contentions de leurs parades, sans plus prendre la peine de lancer les nôtres.

Ensuite, phénomène étrange, au travail, en classe, des difficultés nouvelles et imprévues se présentèrent. Nous cherchions nos mots, perdions le fil, égarions nos cours et nos copies.

En-dehors du travail, c’était la même chose, nous devenions oublieux de tout, décevions nos proches au quotidien, plus moyen de compter sur nous pour la moindre petite chose, le plus élémentaire service.

Nous aurions pu comprendre ce qui se jouait si nous avions possédé ne serait-ce que le tiers de nos capacités, mais c’était trop tard, nos hologrammes nous suçaient le sang, notre âme, notre vie, sans aucune retenue.

Les disques, les livres, les poèmes d’amour fou qu’ils extrayaient de nous faisaient la fortune de leur boîte et creusaient notre tombe. Nous n’étions plus que des enveloppes vides.

Ton mari n’a eu d’autres solution que de te faire interner, et mes enfants de me pousser dans une maison médicalisée.

Notre fortune a cessé quand nous avons été dans l’incapacité de signer comme nous devions le faire tous les six mois le reçu de nos salaires mirobolants et la permission de poursuivre l’expérience.

Je suis sûr qu’ils ont maintenu le programme et que nos si belles créatures ont continué de composer leurs sérénades, celles qu’au final, nous n’avons pas pu nous dire.

De temps en temps mon cerveau se rallume pour quelques minutes et je nous revois, je me souviens de tout, avant de sombrer à nouveau, toujours plus profondément.

J’ignore si tu es toujours vivante, dans la même déchéance que moi, si toi aussi tu te souviens de nous, des livres parfaits qu’ils ont sortis de nos âmes et de nos coeurs.

Ce n’est pas plus mal que nous végétions ainsi, cela nous permet d’oublier l’essentiel, que nous n’avons jamais pu nous rencontrer dans ce qui était alors la vraie vie, la seule.

 

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sans titre (depuis l'eau)

J'ai tellement entamé la poésie sur les rives que je me suis enraciné. Les dents des rats me cisaillent pour me noyer avec le chancre local, entre couleurs et dilutions définitives. Nos érosions ont lavé tout espoir d'être entendu. Quant au secours...

Quelque chose d'essentiel aurait pu figer l'une des postures, mais il n'en fut rien. Lisse le canal n'a déplacé qu'un peu le propos liquéfié.

De là, je regarde le remplacement des platanes. Le ciel est plus large, à peine.

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18 avril 2021

"de la poussière, rien que de la poussière" (Buzzati)

J'ai fait le vide dans ma tête dernièrement. Bon, pour être franc, je n'ai pas pu tout virer. Quand je tirais sur un fil, tout un fatras, galimatias, amphigouri, je ne sais comment l'appeler, venait avec. A première vue, que des choses sans rapports les unes avec les autres, mais vues de plus près, à les goûter lentement, rien n'était sécable ni clair. Souvenirs, fantasmes, peurs, envies, tout un bordel là-dedans ! Disons que j'ai secoué un peu les tapis neuronaux, on tousse au début, et puis ça retombe. J'ai quand même réussi à me retrouver dans la poussière, à me reconnaître presque.

Un jour, qui sait ? j'irais peut-être jusqu'à m'accepter.

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17 avril 2021

les impasses numériques

Et me voilà vendu à Gooooogle ! en achetant un ordinateur portable pour remplacer le mien qui devait être vieux avec 6 ans à peine au compteur... Je n'ai pour l'instant pas de logiciel autre que doc sur gooooogle, ça veut dire connecté chez eux en permanence... je comprends mieux que leurs profits annuels avoisinent les 100 milliards...

 

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09 avril 2021

yeux nourris

En parcourant les librairies hier, je suis tombé sur cette photo sur la couverture d'un livre.

Le regard nourri et perdu.

Sam Szafran
sans titre (escalier personnage), 2002
Pastel sur papier 66,5x79 cm

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27 mars 2021

mots-papillons

C'est fou en fait, d'être porté, je n'ai pas l'habitude d'être léger, d'aborder la vie si pleinement. Prendre position de relais des voix des autres me met dans cet état de plénitude, aussi simplement que ma décision de me lancer dans cette activité.

Avant d'éditer, je m'aperçois que je l'ai toujours fait, accueilir les voix des autres, en lisant, en écrivant, compulsivement, comme si les résolutions à tous les mystères qui me clouaient depuis l'enfance se trouvaient là, bien rangées dans les lignes poétiques, et à dire en retour par ma voix tremblante dans les rimes de mes quatorze ans et dans les vers libres de mes vingt.

Je lis ce matin au réveil les mots de Patricia Houéfa Grange et après une nuit agitée dont il ne demeure que quelques fragments de rêves, l'apaisement se prolonge.

 

User le bleu/Sous la peau | Papillons de mots

Il faut de la passion pour écrire de la poésie.Il faut beaucoup de passion pour faire publier sa poésie.Il faut énormément de passion pour lire la poésie des autres.Il faut passionnément de passion pour éditer de la poésie.Et il fallait un petit grain de folie poétique douce en plus pour lancer une maison d'édition de [...]

http://www.papillonsdemots.fr

 

Je la cite :

Il faut de la passion pour écrire de la poésie.
Il faut beaucoup de passion pour faire publier sa poésie.
Il faut énormément de passion pour lire la poésie des autres.
Il faut passionnément de passion pour éditer de la poésie.
Et il fallait un petit grain de folie poétique douce en plus pour lancer une maison d’édition de poésie en cet an vingt !
Eh bien, les deux fondateurs de la jeune maison Aux cailloux des chemins l’ont fait et nous, poètes et lecteurs.trices de poésie, les en remercions infiniment. Car s’il y a bien quelque chose dont nous avons besoin en ces temps incertains, c’est de semer nos vies de cailloux-poèmes pour ne pas nous perdre en chemin !

Faisons les présentations :
Les éditions Aux cailloux des Chemins ont vu le jour en 2020. Formées par l’association de deux amis désireux de porter des textes inédits et classiques, les éditions ont pour objectif de publier de la poésie, de la prose, de l’illustration et de la bande dessinée.
Prétexte à des rencontres entre artistes et entre auteurs avec leur public, chaque publication donnera lieu à des événements associés : lectures, rencontres avec les auteurs, en librairies, en divers lieux associatifs.

Les publications s’articulent pour le moment autour de deux collections :
Nuits indormies : textes de poésie, illustrés ou pas
Vu par : rencontres entre des plasticiens et des textes classiques

Depuis septembre, cette maison a publié trois titres dans la collection Nuits indormies, un pour chaque saison :
User le bleu suivi de Sous la peau de Murièle Modély pour l’automne (septembre 2020)
Combattant varié de Stéphane Bernard pour l’hiver (décembre 2020)
Là où ici de Vincent Motard-Avargues pour le printemps (mars 2021)

Les livres sont sobres, élégants, mais leur petit format les rend facilement nomades. On peut les glisser dans un sac à main ou un tote bag pour des lectures tout-terrain, sur tous les chemins.

J’ai choisi d’entamer ma découverte de ce catalogue par le double-recueil de Murièle Modély. D’abord parce que c’est le premier titre publié par la maison, ensuite parce que c’est Murièle Modély. Cela fait déjà un certain nombre d’années que j’entends parler d’elle, que l’on me dit « Tu devrais la lire, ça devrait te parler, ça devrait te plaire », qu’elle et moi nous croisons lors de manifestations littéraires sans jamais parvenir à nous rencontrer, etc. Alors, oui, j’ai de temps à autre, fait une plongée dans son blog L’oeil bande et, à chaque fois, j’en ai émergé avec l’impression d’avoir gardé ses mots sur mon corps. Mais l’immersion dans un recueil, dans un double-recueil même, fut un autre voyage. Vous la connaissez, cette sensation que font germer les textes de certain.e.s auteurs.trices, celle de parler d’abord à votre chair, de vous traverser intimement avant d’aller frapper ou caresser votre cerveau ? Voilà, c’est ça que Murièle Modély m’a fait.

User le bleu sonde les abysses mortifères du monde du travail : hiérarchie, réunions, procédures, objectifs, compétition, soumission, résignation, maladie, arrêts de travail, dépressions, suicide, congés payés, du premier au dernier échelon, personne n’est vraiment épargné. Et la mort lente du goût d’exister. Et le silence violent des rêves sacrifiés.
Après le dehors d’User le bleu, le dedans de Sous la peau.
Sous la peau explore des cheminements plus personnels : la peau, sa couleur, qui renvoie au lieu de naissance qui n’est pas le lieu de résidence, qui rhizome en problématiques identitaires, en thématiques pigmentaires ; la famille ; l’être aimé ; et le corps, la bouche surtout, habités par tous ces soubresauts.

Dans ces deux recueils en yin-yang, la langue de Murièle Modély ne s’encombre pas de fioritures. Brute, crue et belle dans sa sincérité. Et cela m’a touchée, dans tous les sens.

aujourd’hui, tout le monde apprécie ça
ma bonne humeur plantée comme une pointe
au milieu du visage
même si certains se disent, me disent
que, bon, c’est facile – gènes / couleur / origine
c’est facile hein, quand on vient de là-bas
ce là-bas, tu sais, ce lieu non lieu
plein de soleil et de filles exotiques
ce lieu non lieu où le temps s’écoule lentement
dans la langueur et moiteur des nuits tropicales
j’ai ce sourire là – je dois l’avoir toujours sur moi
toujours contre l’étoffe bien lisse et repassé
posé sur la traînée grasse de mes tristesses
et violences contenues

 

Merci pour ta lecture Patricia ! Et ton billet !

Je me souviens des mots d’Umberto Eco, la coopération textuelle, comment l’interaction se fonde entre texte, auteur et lecteur…

Devenir éditeur c’est ça aussi, je n’y avais pas pensé avant.

Quand je suis poète, ma voix sort des tripes, folle et hasardeuse jusqu’à entrer dans des oreilles tendues vers la liberté d’être, ou non.

Là, éditant, on fait le lien entre les oreilles et les bouches, pour sortir de l’ombre. « Ce que dit la bouche d’ombre », comme l’écrit Victor Hugo.

Nous avons, nous, voyants du ciel supérieur,

Le spectacle inouï de vos régions basses.

Lyrisme en moins, supériorité retirée, hauteur toute dix-neuvième relativisée aujourd’hui, mais la voix est là, la tienne, celle des poètes, des lecteurs, des lectrices, mise en cornet par l’éditeur que nous avons eu le bonheur de devenir, au hasard et au plaisir des rencontres des êtres et des textes.

Bonnes lectures !

Merci encore Patricia de prolonger en moi cette plénitude nouvelle !

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24 mars 2021

lectures, retranché

On m'a dit cas contact, alors je lis et travaille, en attendant de retourner au front...

Lu hier Tout sur le zéro de Pierre Bordage, bien, mais je le préfère vraiment quand il nous fait rêver dans l'espace, les hommes, les robots, la technologie...

Avant-hier, lu les poèmes de Sophie Brassart qu'on m'a offerts : Ardentes patiences : beaux ! Sculptés, mesurés, ils délivrent une sorte de tension et d'apaisement. Dur à expliquer !

Alors, je la cite :

 

Il semble que tout mon corps coexiste : l'un parle

L'autre guette

 

L'arc-en-ciel des lèvres

 

Sachant garder leur propre secret

N'exposant qu'une partie

 

S'alignent vergers au soleil, ailes, trouée

 

      L'éclaircie lente, inouïe

      Où le désir tremble

 

Et là, ce jour, je suis entré dans Les boîtes noires de Dominique Boudou (1999), très beau récit sur le manque, sur l'abandon. Je rêve en lisant, un déroulé naturel de la phrase poétique. Je pense à ses poèmes, à Gogol, à Vian, à Kafka, c'est étrange. A un film aussi il me ramène, Corps et âme d'Ildiko Enyedi (2017).

Je cite :

Il s'agissait d'une histoire, toujours la même, où un petit garçon en culottes courtes courait sur un chemin. Une ombre lui tendait les bras. Mais plus l'enfant courait, plus l'ombre reculait. C'était une histoire interminable car le chemin lui-même était sans fin. Jamais rien n'empêchait le garçon de courir, jamais rien ne retenait l'ombre de reculer.

 

Je pense vraiment à ses poèmes, ses textes courts et profonds, ce n'était pas juste une formule de dire je pense à ses poèmes.

Je cite :

Le souvenir du commencement de l'écriture, on ne l'a jamais. On cherche les premières fois dans les dépouilles de l'enfance. On invente puisqu'on n'a rien gardé de nos mots qui trébuchaient. On fabrique le décor d'une chambre nue, d'une chaise qui grinçait, de la page qu'une ampoule en surplomb jaunissait grain à grain. On imagine la position du corps penché.

Maladroite. Corps et mots c'est pareil.

Comment faire pour qu'ils tiennent debout ?

 

Extrait de Poète de la face nord (2015)

 

Associer ces trois auteurs, que j'ai rencontrés tous trois, m'amuse, seul le fil que je tisse les réunit ce jour, cette page.

Le souvenir du commencement de l'écriture, on ne l'a jamais. On cherche la première fois dans les dépouilles de l'enfance. On l'invente puisqu'on n'a rien gardé de nos mots qui trébuchaient. On fabrique le décor d'une chambre nue, d'une chaise qui grinçait, de la page qu'une ampoule en surplomb jaunissait grain à grain. On imagine la position du corps penché. Maladroite. Corps et mots c'est pareil.

Comment faire pour qu'ils tiennent debout ?

Le souvenir du commencement de l'écriture, on ne l'a jamais. On cherche la première fois dans les dépouilles de l'enfance. On l'invente puisqu'on n'a rien gardé de nos mots qui trébuchaient. On fabrique le décor d'une chambre nue, d'une chaise qui grinçait, de la page qu'une ampoule en surplomb jaunissait grain à grain. On imagine la position du corps penché. Maladroite. Corps et mots c'est pareil.

Comment faire pour qu'ils tiennent debout ?Poète de la face nord

 

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