Sine linea

28 août 2016

sur scène

sur scène

les deux poètes

à la langue serpentine

vrillent l'éclair qui fuse

dans les reins

et les oreilles des assis

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23 août 2016

je n'aime pas ce mot -synesthésie

l'avantage

oui

non négligeable

l'avantage pour le poète

au moins un dans ce silence

est de taper confusément dans la machinerie

de ses pathologies

des bruits de pas

des gouttes sur le zinc

tout ça c'est ses échos

les lunes ses seules compagnes

les vitrines la nuit son coeur nu

avec sa langue

il dénoue la brume

les enveloppes des seins

tout à l'arrière de la tête

aux creux des lobes inconnus

sa chimie rêve encore

toujours

 

 

 

 

 

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16 août 2016

être arrivé (nulle part)

il y a danger

quand

relisant mon poème

du fond de ma gorge

naît un discret mais assuré

"c'est bien"

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un été simple

j'ai joué

j'ai fui

j'ai joué à ne pas penser

à ne pas écrire

à marcher

à faire comme si tout était simple

 

j'ai vu ce que vivent les autres

une vie directe

sans obsession de mots

de chiffres

des jours qui se lèvent et qui se couchent

une lune et des étoiles sans métaphore

du rosé à table le soir et des glacières pleines à midi

des livres d'été lus avec des lunettes noires

des bateaux des voiliers

des piscines qui débordent

des courses chez les épiciers espagnols

des télés des écrans remplis d'athlètes et de bruits

des crustacés saisissants

les lumières bleues des bassins

les girolles de la nouvelle lune

les champs de framboises et les pics rocailleux

la pluie sur le duvet

la lumière même la nuit sous la toile

 

j'ai vu les ventres pleins

les voitures et remorques bedonnantes

la disparition des frontières

le repli la peur de l'attentat les insultes

les courses des enfants derrière leur portable

 

tout ça sans un poème

sans une pensée qui se débloque après des nuits recroquevillées

sans rien décroisser

ni chant ni lune borgne

aucun mot compliqué ni savant rétracté à dérouler

 

cet été j'ai testé la tranquillité

comme un goût de sorbet

des instantannés

des tranches de vie

comme les photos en papier épais qu'accouchaient les gros appareils du passé

comme si les pensées devenaient linéaires

et coulaient sans souci d'une source apaisante

 

j'ai presque fini par croire à cette métamorphose

la vie comme un puissant sédatif

du coton bien blanc moelleux

un élastique qui ne se tend jamais vraiment

 

la solitude comme un choix

les pleurs comme une libération

une tête qui tourne avec le frais rosé de trop

 

l'intranquillité enfin tue

les nouvelles cachettes de mes hétéronymes

comme des niches oubliées au fond des jardins mentaux en friche

monsieur tout-le-monde atteint

cette riche vacuité de la terre dans l'espace

roulant sa bosse à l'infini

 

j'ai presque noyé les rêves de cet été

une tête cognée dans un reste de pluie

le père mort qui vient me parler à l'oreille

les désirs sans vie qui retombent

 

et ce réveil en ce jour à l'océan

ce matin lent d'une naissance trop bien connue

ce poème aux mots inhabituellement sans relief

venu vanter la simplicité des jours bleus

avec ses comparaisons enfantines

 

et cette évidence de mes luttes ordinaires à venir

à peindre les parois du dedans

à résonner aux creux

sans réponse sans arrêt

 

je les attends

fermant calmement pour une fois cette parenthèse

plus sereinement dans l'idée improbable

de les contrôler un peu - ces luttes -

dans le domaine du façonnable

 

 

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30 juillet 2016

dedans

de nuit comme de jour

replié dedans

les langues qui sortiraient

n'effleureraient que les surfaces

autant taire l'ensemble

je ne rime plus pour rien

 

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29 juillet 2016

coup d'épaule

Le documentaire sur mon poète de jeunesse se finit par :

Poème testament

 

Foutez-moi à la mer mes amis
Mes amis quand je mourrai
Ce n'est pas qu'elle soit belle la mort
Et qu'elle me plaise tant
Mais elle refuse les traces, les saletés, les croix, les bannières
Elle est le vrai silence et la vraie solitude

Pour un peu de temps, celui qui me reste à vivre
Nous savons mes amis, que l'odeur qui règne autour des villes
Est celle des cimetières
Et que le bruit des cloches est plus fort que celui du sang

Foutez-moi à la mer mes amis
Il y a de la lumière et du vent, et ce qui ronge tout
Qui est comme le feu, et comme les années
La mer ne reflète rien, ni les visages, ni les grimaces

Je ne veux pas de ces longs cortèges
De ces femmes en deuil, des gants noirs
Et de tous ces bavards
Rien de ce qui rappelle ces ombres, ces larmes et ces oublis
La mort est mon sommeil, mon cher sommeil

Foutez-moi à la mer mes amis, mes amis inconnus, mes frères
Tous ceux qui ne m'ont pas connu
Et qui n'auront ni regrets, ni souvenirs
Pas de souvenirs surtout

Seulement un coup d'épaule.


Philippe Soupault.

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figure littéraire

dans le coeur de la nuit

je regarde Philippe Soupault et le surréalisme

de Bertrand Tavernier

je ne le connaissais pas

j'écoute et je regarde le héros de ma jeunesse littéraire

avec distance maintenant que j'ai vieilli

et en même temps tout remonte

 

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comme un lecteur

"le livre de l'écrivain qui parle de lui comme un lecteur"

on entend de tout à la radio

l'écriture comparée aux jardins

pas à la française pas à la française

ces français qui ne veulent pas entendre parler de leur structure

et qui glorifient pourtant le formalisme

je reste sur les bords de la littérature

tranquille

jamais jugé car pas lu

j'écoutais le précipité Cadiot

qui découpait des grammaires

encore un P.O.L.

ça ne m'étonne guère

je rêve du jour où -comme celui où on me proposerait palmes ou croix-

ils me demanderaient de m'éditer

et je refuserais je dis non je dis erreur je dis pas moi

gardez vos phraseurs

je reste rien

à l'intérieur de mes hétéronymes

je rêve encore d'écrire des Harlequin

pour les mémés de Balaruc-les-Bains

allongées sur la fausse plage frangée

face à la mer en carton

que mes lignes soient brouillées par le soleil leur fatigue leur myopie

que je disparaisse encore un peu plus loin

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23 juillet 2016

beaux canaux

    Rentrés d'Amsterdam, suis-je prêt à voyager maintenant ? Je défendais l'idée de la bêtise de voyager sur peu de jours, qu'il fallait s'exiler réellement, habiter ailleurs... pour masquer ma peur de l'inconnu...

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20 juillet 2016

ne pas être

     "Je sais tout cela, sauf comment ne pas être ce que je suis."

     Phrase typique de Steve Tesich, sur soi, de la pâte peu définie de son style et qui pourtant fait mouche.

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