Sine linea

21 mars 2019

au coeur des insomnies

     Le corps par les yeux s'ouvre, pourquoi dormir ? Les pensées en écharpe, pas loin du noeud trop serré... Et les jours passent comme les nuits se sont figées.

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15 mars 2019

vide d'elle

     L'ampleur du vide après cet amour mort-né ne peut pas être que le négatif de la puissance de ce qui aurait pu éclore.

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revue VOL

     Après un numéro 0 très touchant, la revue poétique VOL numéro 1 est close : 50 textes de 15 artistes, hâte !

     C'est l'heure de la maquette...

     Les artistes sont déjà en voie d'apparition pour le numéro 2...

 

 

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festival de maths

     Un petit tour avec les élèves à un chouette festival de maths, et me voilà à rédiger trois lignes à partir de trois mots mathématiques : sphère, espérance, dériver...

 

nous avons tant dérivé

- aussi loin que possible

de la sphère de nos espérances

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poésie indienne

     Voilà, la relève poétique est là, on se plaint, il ne se passe rien en littérature, eh bien si, à y regarder de plus près, ou plus loin, en Inde.

Le ministère des sentiments blessés, d'Altaf TYREWALA, long poème narratif à sections, un croisement improbable entre Pessoa et Bukowski !

Fou, dérangeant, absurde, humain, célinien, débordant, choquant, idiot, chaotique, magnifique... !

Reviens à la maison, fils !
Il est temps que tu transpires dans une chaleur familière
Tout le monde a besoin de revoir les paysages de naguère
De réapprendre les sons oubliés
Laisse tomber tes casques audio blancs
Pour presser ton oreille contre le sol de la terre-mère

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09 mars 2019

la pluie ne lave rien

     En lisant mon petit poème qui n'a pas dix minutes d'existence, l'amie girondine me passe entre les mains ce livre de Martin Page, très malin : De la pluie...

     Je précise bien que j'ai d'abord rédigé mon court bidule sur Ulysse et basta, avant...

     Page 25 : De la Pluie, Martin Page, Ramsay, 2007, lue à 11h57, après mon court poème "cesser les images communes", écrit à 11h46, ce 09/03/19...

     "J'ai souvent lu et entendu : la pluie lave. Au choix, les trottoirs, les rues, les toits... Cette idée fausse et utilitariste assimile la pluie à un service public qui aurait la bonté de charrier les détritus. Rien n'est jamais lavé. Laver, les marques de lessive ne l'avoueront jamais, consiste simplement à déplacer la crasse. Si le parcours du boeuf est désormais balisé dans la grande chaîne de l'élevage, de l'abattage, de la vente et de la consommation, la traçabilité de nos excréments reste à dresser.

     La pluie ranime les odeurs de la nature, exhale les parfums de moisissure. Elle enclenche le processus de décomposition des cadavres de rats et d'insectes dans les égouts et les tunnels du métro. Le compost s'épanouit, les bactéries prolifèrent, les virus se développent, s'immiscent dans la terre et dans l'air. L'humanité, maladie qui a prospéré, est sortie d'un tel humus.

     Les substances vivantes, pourrissantes et mortes bavent les unes sur les autres et contaminent leur environnement ; les couleurs se dorent et s'argentent, les nuances grises et les noirs gagnent en force et en subtilité. Des reflets apparaissent ; une cire patine les êtres et les choses. La pluie rend possible les mélanges et les rencontres des matières ; elle est le liant et le lubrifiant de la chimie et de la biologie." 

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cesser les images communes

la pluie océane n'a rien lavé du tout

il faut arrêter avec ça

l'idée du propre l'idée du sale

du sale à laver du propre à salir

 

l'océan pègue 

comme il caresse

comme la moindre des lames

est douce comme...

 

si tu sens le transport

c'est bon tu vis

si la houle te voyage

heureux les Ulysse - et basta

 

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07 mars 2019

presque cent ans, l'oeil vivant

     J'ai entendu ce matin à la radio que Jean Starobinski était mort ces jours-ci, étrange la puissance d'un nom dans notre imaginaire...

     Je revois tout, les livres étalés, les bibliothèques, les rayonnages, les maux de tête, le temps qui doucement ne passait plus, quand j'essayais de déchiffrer ses approches herméneutiques...

     Quelle culture, quelle somme ! Quand quelqu'un comme lui s'en va, le vide n'est pas récupérable.

 

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matin tournant

le rai de lumière

a ouvert mes yeux

dans un appartement autre

 

il a pointé les vagues d'alcool

et c'est comme si je sentais sous moi

la terre tourner

 

 

 

 

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05 mars 2019

ça rend muet

     Mon amie girondine m'annonçait la mort d'Antoine Emaz, ce géant discret, le 3 mars 2019.

     Je le lisais ce soir sur plusieurs sites...

La poésie n’est pas pour moi un exercice réussi lorsque les contraintes ou les
procédures ont été respectées, elle est à chaque fois invention d’une
écrire-vivre, tension de langue contre ce qui nous rend muets.

Antoine Emaz (1955-2019)

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