Le rêve se rit de la vie. Il piétine les sentiments, revient au moment où tout existe encore, rejoue les scènes. Si le corps bloque, c'est qu'il saisit d'un coup qu'il ne peut plus les jouer, le conflit entre la vie morte et le rêve perce parfois dans la nuit. Etres interdits un temps puis s'enfonçant à nouveau dans le rêve, rien n'est plus mais le pantin continue de virer dans le cadre de notre vie défunte.

     Cette nuit donc, je tournais autour de l'ancienne amie, elle, consciente de ces fins et moi dans le passé de mes amours. Un écran entre les deux. J'essaie de passer à travers. Rien. Aucun geste envers moi. Quand l'appartement est inondé, j'entre dans sa chambre, nu, elle me met en garde de m'enrhumer avec ce temps et ma tenue. J'ouvre sa fenêtre, l'eau en nappes coule par le balcon. Puis, déchirant ces artefacts, elle serpente, rejoint ma temporalité, c'est la force de mon désir qui a dirigé le rêve à ce moment. Elle se laisse embrasser par le fantôme que je suis. Accouplement sûrement mais juste entrevu. Rien ensuite.